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NDC : ça patine encore dans les agences de voyages

Lors du congrès Selectour à Cape Town, Stéphane Abitbol, vice-président du groupe Marietton, a livré un témoignage sans détour sur les difficultés d’adoption de la norme NDC.

Si cette norme, censée moderniser la distribution aérienne et remplacer progressivement le système Edifact, constitue un progrès technologique à certains égards, l’expérience utilisateur manque toujours de fluidité. « Sur NDC, on ne voit plus rien. Dès qu’on veut effectuer une modification, un nouveau tarif apparaît, et tout change », résume Stéphane Abitbol.

Des ADM* qui peuvent coûter très cher

À ces difficultés s’ajoutent des résolutions Iata de plus en plus strictes, avec des ADM qui se multiplient, transformant le moindre faux pas en sanction immédiate. « Par exemple, si l’on ne remplit pas correctement certaines cases, la pénalité peut atteindre 25 euros par passager et par PNR », assure Stéphane Abitbol.

Le concept du Point of Commencement (POC) illustre cette difficulté. Il désigne le point de départ de l’itinéraire lors des réservations aériennes et génère souvent un flux massif d’ADM. « Certaines compagnies choisissent d’annuler le dossier en cas d’erreur, tandis que d’autres envoient directement un ADM de 600 euros, une pratique qui ne laisse aucune marge de manœuvre », déplore encore Stéphane Abitbol.

Entre instabilité tarifaire, règles hétérogènes et pénalités automatiques, le passage d’Edifact à NDC serait donc plus complexe que prévu. En professionnel expérimenté, Stéphane Abitbol estime que gérer la norme NDC peut vite devenir un casse-tête opérationnel, alors qu’Air France se montre au contraire rassurant.

Des acheteurs plus matures

Pour autant, le contexte n’est pas entièrement négatif. Les acheteurs sont de plus en plus familiarisés avec NDC. Ils connaissent ses avantages, ses contraintes et son impact sur la politique voyages de l’entreprise. « Ils ont atteint un degré de maturité beaucoup plus important ces dernières années, notamment parce qu’on les a beaucoup éduqués avec notre langage », souligne Solenn Le Brazidec, directrice générale associée de Plus Voyages.

L’agence a fait le choix, il y a un an et demi, de travailler avec Wondermiles. Grâce à cet outil, « nous avons 95% de nos ventes Air France qui passent désormais par NDC », affirme la dirigeante. 

Air France au soutien des agences

Du côté des compagnies aériennes, Air France a mis en place un accompagnement pour aider les agences à s’approprier NDC. Présent lui aussi au Cap lors du congrès Selectour, Henri Hourcade, directeur général commercial vente, évoque « une équipe d’environ 60 personnes pour assurer un support téléphonique, que ce soit sur Edifact ou NDC ».

« Nous avançons en tenant compte des difficultés rencontrées par les agences et avons toujours agi en partenaire, notamment avec les agences affaires, pour progresser de manière raisonnable. Ce mouvement est inexorable dans l’industrie, mais il apporte également beaucoup d’innovation », déclare-t-il.

« L’écart de productivité entre Edifact et NDC tend à se réduire »

De son côté, Amadeus observe également une progression notable. « Aujourd’hui, l’écart de productivité entre NDC et Edifact continue de se réduire (…) Toutes les grandes TMC sont sur notre plateforme NDC-X », indique Frédéric Saunier, directeur général d’Amadeus France. La plateforme continue de s’enrichir. « Nous avons aujourd’hui 35 compagnies en NDC et une dizaine d’autres sont dans les tuyaux », précise-t-il, citant notamment l’arrivée imminente d’Etihad Airways et plusieurs compagnies coréennes.

Cependant, le rythme d’intégration reste conditionné par deux facteurs : les contrats signés et surtout les développements techniques nécessaires. « Ce n’est pas du plug and play. Pour chaque compagnie, il faut faire du développement. Si on pouvait, on intégrerait beaucoup plus de compagnies, mais cela demande du temps », explique Frédéric Saunier.

L’adoption progresse

Malgré ces défis, le message final se veut optimiste. L’adoption du NDC progresse , surtout dans le loisir où sont appliquées des surcharges Edifact, et les agences commencent à en maîtriser les enjeux.

« On avance vite », ajoute le directeur général d’Amadeus France. Si les différences d’intégration entre compagnies aériennes, la rigueur des règles Iata et la complexité de la saisie des données compliquent encore la gestion quotidienne des réservations, des signes encourageants apparaissent. Les agences et les TMC gagnent en maîtrise, les plateformes techniques comme NDC-X d’Amadeus se déploient progressivement, et l’accompagnement des compagnies, à l’image d’Air France, facilite la transition.

*Mémos de débit d’agence » (ADM), notifications de pénalités envoyées par les compagnies aux agences.

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