Retrouvez l'actualité du Tourisme pour les professionnels du secteur tourisme avec l'Echo Touristique : agences de voyages, GDS, prestataires spécialisés, voyagistes

Ryanair peut-elle séduire les voyageurs d’affaires?

La compagnie s’est installée dans les deux aéroports internationaux de Bruxelles et de Rome, en plus de développer le choix du siège. Mais il en faudra plus pour séduire davantage les voyageurs d'affaires français.

Ryanair se tourne définitivement vers les voyageurs d’affaires. Mais la réciproque sera-t-elle vraie ? Les dernières annonces de la compagnie, qui séduirait déjà 20% de clients sedéplaçant pour des raisons professionnelles, devraient lui permettre d’augmenter ses parts de marchés sur un tel segment. Mais pas forcément sur le marché français.

Premier signe du changement de modèle de Ryanair : son implantation sur des aéroports principaux et plus internationaux. La compagnie a annoncé son implantation à Rome Fiumicino, avec 9 destinations à partir du 18 décembre, et compte passer de 6 à plus de 10 appareils en octobre 2014.

Politique de fréquences et d’horaires

Elle opérera également à Bruxelles Zaventem avec dix nouvelles liaisons, notamment vers Barcelone, Lisbonne et Rome, et un objectif de 1,5 million de passagers. A Zaventen, "les taxes sont plus chères, 28 euros contre moins de 2 euros à Charleroi, explique Jonhatan Brisy, directeur ventes et marketing pour la France, la Belgique et le Maroc. La ligne ne va pas être rentable au début, mais cela va nous permettre de toucher une nouvelle clientèle, plutôt affaires".

Ce positionnement est complété par une politique de fréquences, avec plusieurs vols par jours, et d’horaires adaptés, tôt le matin et tard le soir sur certaines destinations.

Le deuxième volet de la stratégie de séduction des voyageurs d’affaires porte sur le service. "Nous investissons beaucoup dans le digital et le service-client, notamment pour les voyageurs d’affaires", ajoute Jonathan Brisy. La compagnie a déjà annoncé la mise en place d’un espace membre sécurisé, My Ryanair, qui permettra d’enregistrer des informations (nom, numéro de carte de crédit…) pour une réservation plus rapide, le lancement d’une carte d’embarquement digitale, une nouvelle application mobile et un outil "fare finder" permettant de trouver plus facilement les tarifs en fonction des dates et des routes sélectionnées.

Un tarif flexible pourrait être lancé en 2014

D’autres modifications, comme celles des fautes de frappe à la réservation, la possibilité d’emporter gratuitement en cabine un deuxième bagage de petite taille, ou le choix du siège ainsi qu’un d’un embarquement ou débarquement prioritaire, répondent aussi à des demandes de voyageurs business.

La compagnie envisage même d'aller plus loin. Un tarif flexible pourrait être lancé en 2014, selon les récentes déclarations du patron Michael O’Leary.

Reste à maintenir et développer des routes fréquentées par les voyageurs d’affaires. Certaines liaisons de Ryanair entre l’Irlande et le Royaume-Uni afficheraient déjà plus de 35% de voyageurs d’affaires. Celles depuis Bruxelles vers Rome et Barcelone ainsi que les liaisons internes depuis Rome Fiumicino vers les villes italiennes ont également un fort potentiel.

Ryanair manque de routes importantes en termes de trafic affaires

Mais au départ de France, Ryanair manque de routes importantes en termes de trafic affaires par rapport à ses concurrents, notamment à cause de sa présence à Beauvais alors que Vueling, easyJet et les compagnies traditionnelles opèrent à Orly ou Roissy-CDG.  "Il n’est pas exclu que Ryanair vole également à l’avenir au départ de nouveaux aéroports plus importants en France", explique toutefois Jonhatan Brisy.

Enfin, le développement de de l'irlandaise dépendra de la politique des entreprises. D’après le dernier baromètre Mondial assistance, 52% des voyageurs d'affaires ont voyagé au moins une fois sur des compagnies à bas coûts, et 31% entre deux et quatre fois. Un pourcentage en constante augmentation. Et les responsables des politiques voyages n’ont plus peur du low cost.

Reste la présence sur les GDS et la disponibilité via les "self booking tools" (SBT), de plus en plus utilisés. Sans un changement majeur de sa politique de distribution, Ryanair restera coupée d’une partie du marché.

Laisser un commentaire

Dans la même rubrique