Face à des journalistes italiens, Michael O'Leary s'agace de voir les craintes de pénuries de carburant refroidir les voyageurs : "Nous pensons que les gens se retiennent de prendre leurs réservations." Cette frilosité atteint d'abord les finances des low cost, qui contrôlent un peu plus d'un tiers du marché mondial, selon diverses estimations. Avec des billets moins chers, elles ont moins de marge pour supporter la hausse du coût du carburant. "Ce n'est pas inhabituel pour les transporteurs d'ajuster leurs plans de vol à cette époque de l'année", souligne Dudley Shanley, analyste financier de la banque d'affaires Goodbody, interrogé par l'AFP. Mais "si les prix du kérosène restent à ces niveaux, il faudra encore un peu tailler chez les compagnies low cost", parie-t-il.
"Il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées"
La profession est d'accord sur un point : tant que la guerre empêchera l'importation de pétrole et de kérosène depuis les pays du Golfe, les vols qui avant le conflit étaient les moins rentables, voire pas du tout rentables, ne pourront pas tous être maintenus. À commencer par ceux de la haute saison estivale. "Hélas, il est probable que les vacances de beaucoup de gens seront touchées, soit par des annulations de vols, soit par des prix des billets très, très élevés", prévenait sur SkyNews le 22 avril le commissaire européen à l'Énergie Dan Jørgensen. L'ajustement entrepris par les compagnies est plus ou moins fort et immédiat, selon qu'elles ont signé ou non des contrats de couverture pour acheter leur carburant à un prix fixé par avance. Les compagnies européennes le font plus souvent que celles du reste du monde. La canadienne Air Transat, spécialisée dans le tourisme de masse, a abaissé de 6% son programme de vols mai-octobre, tandis que la thaïlandaise Air Asia X a annoncé vendredi des suppressions de certains vols ou même de liaisons (comme Bangkok Don Muang-Shanghai), sans donner de chiffre global.

