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Patrice Arezina (Partir/Visiteurs) : « Le B2C représente une part infime de notre activité. Et ça ne changera pas »

Quelques jours après l’annonce du changement d’actionnariat du groupe Partir/Visiteurs, Patrice Arezina, son nouveau directeur général, nous explique comment il veut continuer de faire grandir le voyagiste.

L’Écho touristique : Vous allez prendre la direction générale du groupe Partir/Visiteurs, à la suite de la cession des parts des deux cofondateurs, Didier Blanchard et Didier Rabaux, au fonds d’investissement B & Capital, et à une partie du management. Depuis quand la cession de l’entreprise est à l’étude ?

Patrice Arezina : Avant même la pandémie de Covid-19, « les deux Didier » ont eu des approches auxquelles ils n’ont jamais été vraiment à l’écoute. Puis est survenue la crise sanitaire, à l’issue de laquelle il a fallu relancer la machine. Et le marché du circuit, qui est notre spécialité historique, a mis plus de temps à redémarrer. Une fois que c’était fait, c’est-à-dire au début de l’année 2024, nous avons commencé à réfléchir à l’idée de cette session.

Un conseil que je pourrais donner à ceux qui veulent céder leur entreprise : n’hésitez pas à vous faire conseiller.

Vous avez recontacté ceux qui avec qui vous aviez échangé avant la crise sanitaire ?

Patrice Arezina : Nous avons préféré nous appuyer sur une société dont c’est le métier, une banque d’affaires. Nous sommes une société de services, et nous connaissons la valeur ajoutée d’un spécialiste. Nous avons donc préféré nous offrir les services d’une entreprise spécialisée dans cette question de la transmission. Et nous en sommes très satisfaits. C’est d’ailleurs un conseil que je pourrais donner à ceux qui veulent céder leur entreprise : n’hésitez pas à vous faire conseiller.

Vous aviez identifié un profil idéal de repreneur ?

Patrice Arezina : Nous étions ouverts à toutes les propositions. Le plus important, c’est que cet acquéreur partage notre vision du voyage, qui est celle d’un artisan qui s’appuie sur de solides outils technologiques. Il fallait ce feeling, mais aussi une vision et une ambition commune. Nous avons signé avec B & Capital parce qu’ils cochaient toutes ces cases. Mais nous aurions aussi pu nous associer à un autre groupe du tourisme. Tout était sur la table.

Qui est le fonds B & Capital et que va-t-il vous apporter ?

Patrice Arezina : B & Capital est un fonds français, dont le siège est situé à quelques minutes à pied de nos locaux. Ils ont très vite montré un réel intérêt pour le groupe Partir/Visiteurs, son ADN, et le modèle économique que nous avions imaginé pour la suite. Leur métier, c’est de faire grandir des TPE/PME comme la nôtre. Ca n’est pas de vendre des voyages : pour cette partie, ils nous font totalement confiance. Chacun son métier. Et ce rapport de confiance s’est installé très rapidement. B & Capital va nous accompagner dans la transformation de la structure financière de l’entreprise, sur les enjeux RSE, etc… Avec l’objectif d’avoir une entreprise plus structurée, mieux gérée et plus ambitieuse.

Nous allons élargir notre portefeuille de destinations

Et de vendre plus de voyages ?

Patrice Arezina : Nous n’avons pas la folie des grandeurs mais oui, l’objectif est d’aller chercher une vingtaine de millions d’euros de chiffre d’affaires annuel supplémentaire d’ici trois à cinq ans. Mais nous n’irons pas chercher de la croissance pour la croissance. Nous ne lancerons de nouveaux produits qu’à condition de pouvoir y apporter l’expertise et la valeur ajoutée qui ont fait la réputation de Partir/Visiteurs. Nous sommes connus pour produire de beaux voyages, et nous continuerons de le faire. Mais avec des outils plus performants.

Quels sont les leviers de croissance que vous avez déjà identifiés ?

Patrice Arezina : Premièrement, nous allons élargir notre portefeuille de destinations. Nous en étudions actuellement une quinzaine, notamment en moyen-courrier en Europe, pour trouver comment nous pourrions les investir en apportant quelque chose en plus au marché. Nous pouvons aussi séduire plus de clientèles « séjours » dans des destinations que nous maîtrisons déjà, j’en suis convaincu. Ou faire plus de volume dans nos destinations phares. Ce sont des pistes de réflexions, nous échangeons beaucoup en ce moment, sur tous les sujets.

Vous réfléchissez aussi à augmenter la part du B2C ? C’est un segment qui aiguise les appétits de nombreux voyagistes…

Patrice Arezina : Le B2C représente une part infime de notre activité. Et ça ne changera pas. Évidemment, personne ne refuse une vente qui se présente. Nous avons déjà une agence en propre, et nous ne nous interdisons pas d’avoir quelques corners ou même des boutiques, dans des zones ciblées. Mais notre stratégie répond à notre ADN, qui est très marqué par le B2B. Nous n’avons aucun problème à clamer notre amour des agences de voyages. Tout ce qu’on développe et qu’on met en place, c’est pour servir les agences, être un facilitateur pour elles.

Avec B & Capital, nous pourrons par exemple réfléchir à des opérations de croissance externe.

Ça n’était donc pas un attendu de la part de B & Capital ?

Patrice Arezina : Ça n’est pas avec une stratégie B2C que nous les avons séduits lorsque nous leur avons présenté le modèle économique que nous avons imaginé. B & Capital pourra nous accompagner sur d’autres choses. Nous devons d’abord apprendre à travailler ensemble, pendant quelques mois. Ensuite, nous pourrons, par exemple, réfléchir à des opérations de croissance externe.

Ce qui permet d’accélérer la croissance…

Patrice Arezina : L’arrivée de B & Capital à nos côtés nous permet de mettre tout ça sur la table. Mais rien n’est engagé. Dans quelques mois, nous serons davantage structurés pour nous pencher sur ces questions, pour observer ce qui, éventuellement, se passera sur le marché.

Quel serait le type d’entreprise qui vous intéresserait ?

Patrice Arezina : Comme je le disais, rien n’est engagé. Mais, quoiqu’il en soit, il faudrait que ce soit une entreprise qui, d’abord, partage bien notre promesse client, et, ensuite, apporte une véritable valeur ajoutée à ce que nous faisons actuellement.

À titre individuel, avez-vous hésité quand on vous a proposé de prendre la direction générale du groupe ?

Patrice Arezina : En toute franchise, ça a été une évidence, pour moi, d’accepter cette proposition. Je connais bien le groupe, j’y évolue depuis plus de onze ans. C’est une belle maison qui a été construite, basée sur la force collective et la passion du voyage. Tenter d’emmener plus loin Partir/Visiteurs, ça ne se refuse pas. J’aime cette entreprise et les gens qui la composent. Ça n’est pas le titre ou le poste qui m’ont donné envie, mais le projet ambitieux et l’aventure collective.

Fondé en 1986 par Didier Blanchard et Didier Rabaux, le groupe Partir/Visiteurs était initialement positionné sur le segment des voyages de groupe en Asie. Au fil du temps, il s’est diversifié. GIR, voyages sur-mesure, séjours, des groupes, toujours, et plus de 80 destinations à travers le monde : Partir/Visiteurs a enregistré 78 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025. Chaque année, plus de 35 000 clients voyagent avec le tour-opérateur, principalement en réservant via l’une de ses 3 000 agences partenaires.

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