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Paradoxes


Alors que le pouvoir d’achat agite le débat politique, L’Écho touristique fait le point cette semaine sur LE sujet qui tient le plus à cœur les agents de voyages : les salaires. Réalisée avec le cabinet ACD Consulting, notre enquête exclusive a compilé les rémunérations de centaines de professionnels. Et là, surprise ! Cette étude tord le coup à une idée reçue : le tourisme n’est pas plus mal loti que d’autres métiers. Pas de quoi se réjouir pour autant.

Les salaires de la profession n’en demeurent pas moins insuffisants au vu des compétences requises, et notamment de la responsabilité de plus en plus grande de l’agent de voyages face à des clients tatillons. Sans oublier que les entreprises exigent aussi désormais de leurs collaborateurs qu’ils soient, outre de bons vendeurs, des experts en météorologie ou en géopolitique! Toutefois, de nombreuses rémunérations complémentaires permettent désormais aux plus performants de mettre du beurre dans les épinards.

Certains pourront regretter la généralisation de cette rémunération individuelle au mérite. En pointant du doigt ses risques : course au chiffre, stress important, esprit d’équipe en berne, et primes à la tête… du vendeur. Mais cette évolution rappelle aussi que le tourisme est un métier de commerçant, où l’acte de vente doit être récompensé en tant que tel. Au-delà, cette enquête met aussi en avant l’impérieuse nécessité pour la profession de communiquer différemment, si elle veut continuer à attirer les jeunes.

Car le tourisme fait de moins en moins rêver. La remise à plat de la grille des salaires minimaux conventionnels, véritable serpent de mer, est à ce titre une étape urgente. Car c’est cette grille, pourtant de moins en moins appliquée, qui fait toujours office de référence et contribue à dévaloriser la profession. Il s’agit aussi d’améliorer la formation continue, afin d’éviter ce paradoxe ridicule : des diplômés nombreux à pointer au chômage quand le turnover bat des records, les entreprises préférant débaucher à la concurrence plutôt que de donner leur chance à un jeune pas tout à fait formé. Un paradoxe qu’il convient de régler, sous peine de devoir faire face à une pénurie de main-d’oeuvre dans quelques années…

Thierry Beaurepère, rédacteur en chef

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