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Novlangue

Les temps sont durs, c'est entendu. Mais est-ce une raison pour nous parler en novlangue,voussavez, ce langage inventé par George Orwell dans son livre ?1984?, qui chasse la nuance, adoucit les négations, voire les oblitère? Ainsi, alors que ce numéro empile, au fil de ses pages d'actualités, conflits sociaux, restructurations, dépôts de bilan, concentrations et [...]

Les temps sont durs, c’est entendu. Mais est-ce une raison pour nous parler en novlangue,voussavez, ce langage inventé par George Orwell dans son livre ?1984?, qui chasse la nuance, adoucit les négations, voire les oblitère? Ainsi, alors que ce numéro empile, au fil de ses pages d’actualités, conflits sociaux, restructurations, dépôts de bilan, concentrations et morosité, résonnent des affirmations édulcorantes comme, au hasard,« c’est la fin du conflit en Guadeloupe » ou « le plan social de Carlson Wagonlit Travel France sera de 150 postes ».

Car enfin, les hôteliers ou les agences de voyages guadeloupéennes sont bien toujours sous la pression d’un LKP Robin des Bois, chargé de donner les moyens à des salariés de se payer des yaourts trois fois plus chers qu’en métropole, quitte à pousser leurs employeurs à la faillite. Les accords baptisés Jacques Bino ne soldent pas un conflit qui plonge ses racines dans un terreau plus historique qu’économique et dont vont être victimes tous les acteurs du tourisme, renvoyant employés et chefs d’entreprise dos à dos.

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Quant à CWT, il est difficile de croire que le groupe ait pu en à peine deux mois – durée qui sépare l’annonce du Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) de celle de son ampleur – passer d’un plan social prévoyant la suppression de 150 emplois à environ 350. Si les fermetures des sites de Noisy-le-Grand et d’Évry étaient attendues, celles d’Annecy et de l’un des deux étages de Nanterre, mais aussi de 14 agences de voyages, provoquent la surprise et génèrent un vrai malaise.

Elles suggèrent au mieux une précipitation et une impréparation de mauvais augure, au pire une volonté de dissimulation malvenue quand la situation nécessite une mobilisation totale de tous les acteurs, patronaux et syndicaux. La confiance est, paraît-il, le premier facteur de reprise. Il y a de quoi être inquiet.

Cédric NEAU
Rédacteur en chef adjoint

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