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Meublés illégaux : la traque s’accélère contre Airbnb et consorts

Après l’île Saint-Louis, une association a décidé de quadriller deux arrondissements parisiens pour identifier les locations de courte durée illégales.

Paris compte-t-elle trop de meublés, au point de constituer une industrie nuisible ? L’Association pour un Hébergement et un Tourisme Professionnel (Ahtop), qui défend les intérêts des hôteliers indépendants, poursuit ses investigations dans le but de le prouver.

Après avoir enquêté sur l’île Saint-Louis, une équipe mandatée par ses soins passera au crible deux arrondissements parisiens, les 9ème et 10ème. Les résultats seront dévoilés courant juin. "Ce périmètre comprend 5200 biens situés aux alentours des hôtels, indique Jean-Bernard Falco, président de l’Ahtop. Nous allons reprendre le mode opératoire éprouvé à Saint-Louis". Parmi les 314 locations meublées présentes sur l’Île Saint-Louis, une centaine seraient des locations illégales/professionnelles (+ de 120 jours de location/an, sous-location non-autorisée…).

4 mois d’enquête

L’enquête diligentée dans les  9ème et 10ème arrondissements doit couvrir 128 plates-formes de location de courte durée entre particuliers, et pas seulement Airbnb. Elle occupera 32 personnes à temps plein, sur une période de 4 mois. L’idée, c’est de vérifier que les annonces sont avant tout légales. L’équipe, recrutée notamment parmi les personnels des groupes hôteliers, pourrait toutefois être accusée de manquer de neutralité, même si la méthodologie est visée par des avocats spécialisés.

"Nous ne sommes pas contre Airbnb et consorts, insiste Jean-Bernard Falco, par ailleurs président-fondateur de Paris Inn Group, qui regroupe une trentaine d'hôtels. Le parc hôtelier n’étant pas suffisant, il faut laisser la place à de nouveaux acteurs, qui nous permettent de balayer devant notre porte et d’évoluer. Cette nouvelle économie répond à une évolution sociétale évidente. Mais nous voulons que ce secteur se développe dans le respect des règles sociales, légales et règlementaires".

Paris ne "doit pas devenir Venise"

"Il ne faut pas que Paris devienne Venise, une ville-musée vidée de sa vie de quartier".

En 14 jours de locations sur Airbnb, le loueur obtient l’équivalent d’un loyer mensuel longue durée, ce qui représente un véritable attrait pour les Parisiens, ajoute Jean-Bernard Falco, qui y va de ses préconisations : création d’un registre sur lequel tout loueur serait tenu de s’inscrire, responsabilisation des plates-formes, meilleur contrôle fiscal, élargissement de la collecte de la taxe de séjour à d’autres villes… "Le législateur doit s’emparer du sujet, la loi Alur ne suffit plus", ajoute-t-il, saluant au passage le rapport Terrasse.

Alors qu'Airbnb informe bel et bien de la loi, le législateur s'intéresse justement de plus en plus à l'économie collaborative. Le 21 janvier, les députés ont voté, contre l'avis du gouvernement, un amendement au projet de loi numérique qui vise à obliger les propriétaires ou locataires louant leur logement de façon ponctuelle, via des sites comme Airbnb, à prouver qu'ils en ont l'autorisation. Les services de la municipalité continuent pour leur part de traquer des abus. En janvier, près de 70 logements sur 1200 appartements contrôlés (soit 6%) dans les 1er et 6ème arrondissements ont fait l'objet d'une "présomption d'infraction".

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