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Maurice retrouve sa place au soleil

Défaillant en 2006, le marché français est reparti avec vigueur depuis décembre. L’offre hôtelière, qui continue de s’étoffer et de se rénover, devrait constituer un nouvel appel d’air.

En ouvrant en octobre 2006 un vol Corsair en même temps qu’un hôtel Paladien à Maurice, Nouvelles Frontières (NF) avait anticipé une reprise du tourisme dans l’île, qui subissait depuis le mois de février les éclaboussures de la crise du chikungunya. Le pari est en passe d’être réussi, puisque ses avions sont remplis et son Paladien occupé à près de 100 %. Certes, les prix de Corsair ont mis un certain temps à se stabiliser, regrettent certains TO, mais tous confirment une reprise du marché français depuis fin 2006, le seul touché par la crise. L’an dernier, les arrivées globales de touristes ont augmenté de 3,6 % (790 000 visiteurs) alors que celles des Français diminuaient de 17,3 %, pour retomber à 182 000.

Pour NF, l’été s’annonce très bon. Après un printemps 2006 plombé, nos ventes s’envolent de 100 % par rapport à 2005, confirme Hélion de Villeneuve, DG d’Austral Lagons. Du coup, le TO veut étoffer son offre l’an prochain. Sans avoir eu besoin de promotions, le marché est très bien reparti, ajoute-t-on chez Beachcomber Tours, qui met en avant pour l’été une offre grand confort, plus haut de gamme.

Depuis l’automne, notre croissance flirte avec 20 % et ce, comparé à 2005, qui était une année faste, complète Didier Sylvestre, chez Exotismes. Le TO a profité des vols de Corsair pour lancer des forfaits le meilleur de l’île Maurice dont les prix attrayants ont séduit de nouvelles franges de clientèle. Quant au PDG de Tourinter, Gérard La Rocca, il estime avoir pratiquement retrouvé le niveau de ventes d’il y a deux ans. Maurice reste un solide classique parmi les destinations d’hiver. Pour lui, la qualité constante de l’offre, aérienne et hôtelière, y est pour beaucoup. Comme le marketing inventif des professionnels de l’île.

Au-delà de la fin de la crise sanitaire, l’appel d’air lié aux deux vols hebdomadaires de Corsair de Paris et Lyon y est bien sûr pour quelque chose. Le groupe NF les remplit à 60 %. Les autres TO ont profité de cette capacité supplémentaire pour accompagner la reprise, soit en volant sur Corsair soit, comme Austral Lagons, en bénéficiant des places libérées sur Air Mauritius et Air France. Reste que les hôtels sont archipleins selon l’Office de tourisme, compliquant le travail sur place. Face à la défaillance du marché français, les professionnels mauriciens se sont en effet tournés vers les autres pays d’Europe et l’Afrique du Sud. Du coup, pour le moment, les prix restent stables, note Gérard La Rocca.

Rénovations à tout-va

Cette bonne conjoncture, alors que certains craignaient un effondrement des prix lié à l’abondance de l’offre hôtelière, donne des ailes aux opérateurs, qui continuent à ouvrir des établissements ou rénovent. Pourtant, Maurice a dépassé le seuil de la centaine d’hôtels en 2006. Le Club Med ouvrira ainsi son deuxième village en août, l’Albion. Il sera positionné sur le segment haut de gamme (270 chambres), avec villas privatives attenantes. L’autre village (La Pointe des Canonniers) rouvrira en décembre après rénovation, avec un positionnement familial.

Chez Naïade, c’est le Tamassa 4b (214 chambres) qui va ouvrir en novembre, à Bel-Ombre. Le groupe rénove aussi le Beau Rivage et lui ajoute 12 villas, pour en faire un 5b luxe. De même, Le Legends va être relooké pour passer en 5b. Enfin, Beachcomber Hotels ferme le mythique Royal Palm de mai à août pour rénover son Spa, alors que le Mauricia subira un toilettage d’avril à août.

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