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Marsans laisse les Caraïbes en héritage

« Leader en République dominicaine, le tour-opérateur « lègue » à ses concurrents pas loin de 50 000 clients. De quoi mettre les groupes Transat, TUI ou Thomas Cook en effervescence. »

Officiellement personne ne se réjouit de la défaillance de Marsans. Mais pour ses anciens concurrents, cette disparition est presque inespérée. En ces temps de disette, la perspective de gagner en part de marché dans les Caraïbes, où le tour-opérateur faisait figure de leader, est plus que stimulante. En 2008, Marsans avait envoyé 47 950 clients en République dominicaine – soit pas loin du tiers des forfaits vendus par les voyagistes de l’Association de tour-opérateurs/Ceto -, 11 000 au Mexique et près de 7 000 à Cuba. Le cru 2009 avait été un peu moins florissant, mais Marsans occupait le terrain. « Cela a été un choc pour nous d’apprendre la liquidation, témoigne d’ailleurs Mercedes Castillo, directrice de l’Office du tourisme de République dominicaine à Paris. Marsans est l’un des premiers qui avait cru à la formule du tout inclus et a accompagné son développement, multipliant ses ventes par dix en quelques années. »

TROIS GROUPES EN EMBUSCADE

Cet héritage n’est pas perdu pour tout le monde, avec, en embuscade, les trois groupes TUI, Thomas Cook et Transat déjà bien implantés dans les Caraïbes et qui vont passer la vitesse supérieure. « Les clients et les agences ne verront pas la différence, remarque Mercedes Castillo, puisque ce sont les mêmes hôtels qui vont être repris. Les TO sont facilement interchangeables sur les produits clubs. » Le fait est que TUI, Thomas Cook et Transat ont dépêché leurs acheteurs sur place, dès l’annonce de la liquidation, pour renégocier les contrats hôteliers de feu Marsans. Et annoncent d’ores et déjà des capacités aériennes en très forte hausse pour l’hiver prochain. Vacances Transat et Look proposeront ainsi un vol direct à destination de Punta Cana au départ de Paris et de cinq villes de province (Bordeaux, Lyon, Marseille, Nantes et Toulouse) avec XL Airways, soit quelque 16 000 sièges sur la saison. « Nous voulions depuis longtemps nous développer au départ de province, explique Patrice Caradec, président de Transat France. Mais, Marsans nous laissait peu de place et nous ne voulions pas courir le risque de surenchérir sur son offre. » La voie est désormais libre, même si cette montée en puissance avait été anticipée avec l’ouverture en octobre 2010 d’un troisième club Lookea, le Catalonia Bavaro 5*. TUI France met aussi les bouchées doubles pour proposer à la distribution une alternative sérieuse et unique à Marsans. Le TO du groupe Nouvelles frontières annonce avoir fortement augmenté ses capacités aériennes de mai à octobre sur les destinations Caraïbes. Près de 70 % des sièges de Marsans sur le Mexique ont été rachetés. Pour la partie terrestre, une quinzaine d’hôtels supplémentaires contractés sont déjà sur le site BtoB. De quoi se proclamer « le seul opérateur à avoir une offre totalement équivalente à celle de Marsans sur les Caraïbes à des prix inférieurs ». TUI Travel Accommodation et Destinations a même acquis la flotte de véhicules Hilario Tours, société du groupe Marsans en République dominicaine, qui assurait les transferts des clients du TO.

« UNE DESTINATION PRIORITAIRE »

Mais il faudra compter aussi avec Thomas Cook-Jet tours pour qui la « République dominicaine est plus que jamais une destination prioritaire, annonce Hélion de Villeneuve, directeur commercial. Nous allons attaquer l’hiver avec des stocks à la hausse, une production en phase avec celle que proposait Marsans et, surtout, une stratégie tarifaire très agressive. ».

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