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Lufthansa : pas de sortie de crise avant des mois, voire des années

Lufthansa envisage avec beaucoup de pessimisme la sortie de la crise. Les syndicats s’inquiètent pour les 87 000 employés du groupe.

« Le Conseil d’administration de Deutsche Lufthansa AG ne s’attend pas à ce que l’industrie aéronautique retrouve très rapidement les niveaux d’avant crise du coronavirus. Selon son évaluation, il faudra des mois avant que les restrictions mondiales sur les voyages soient complètement levées et des années avant que la demande mondiale ne revienne aux niveaux d’avant crise » a indiqué hier par communiqué le groupe allemand.

Pour contrer les effets négatifs de la crise, Lufthansa, qui négocie parallèlement un prêt de plusieurs milliards avec l’Etat allemand, va durablement réduire la taille de sa flotte, se séparant d’une quarantaine d’avions. La quasi-totalité des vols passagers sont supprimés dans le cadre d’un plan d’urgence en place au moins jusqu’au 19 avril. La capacité de transport, soit le nombre de sièges proposés sur ses avions, a été réduite à seulement 5%. Et 700 des 763 avions sont actuellement cloués au sol, entreposés dans plusieurs aéroports et notamment sur une piste d’atterrissage à Francfort.

Lufthansa stoppe les opérations de Germanwings

Confronté à la chute drastique du trafic aérien résultant de la pandémie, le groupe compte « réduire de manière permanente des capacités » de transport : au moins 42 avions court, moyen et long-courriers seront retirés de la flotte composée de 763 machines actuellement. Cela inclut six Airbus A380 dont la vente au constructeur était « de toute façon prévue à partir de 2022 », précise Lufthansa. Onze Airbus A320, sept A340-600 et cinq Boeing 747-400 vont être retirés de la flotte de la compagnie éponyme Lufthansa tandis qu’Eurowings doit perdre dix A320.

« Les opérations de vol de Germanwings vont être arrêtées », ajoute la compagnie dans un communiqué. Depuis plusieurs années déjà, Germanwings n’était plus une compagnie à part entière mais intégrée dans la filiale low-cost Eurowings de Lufthansa, et le groupe avait annoncé précédemment son intention de faire disparaître la filiale.

Les emplois menacés

Le groupe n’a pas détaillé l’impact sur l’emploi de cette restructuration mais a promis que « l’objectif » était de « garder le plus d’emplois possible ». Des discussions avec les syndicats doivent « démarrer rapidement », selon Lufthansa. Les syndicats se sont inquiétés lundi que la suppression de Germanwings s’accélère sous prétexte de la pandémie, dénonçant dans une lettre ouverte le « sacrifice de certains » dans la restructuration.

« Aucune filiale de Lufthansa n’est responsable de la crise », ont écrit les syndicats du groupe, évoquent le « danger existentiel » auquel sont confrontés les employés. Avec 87.000 employés au sein de la compagnie, plus de 60% du personnel sont ou seront inscrits au chômage partiel, dont 62.000 en Allemagne.

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