Location de voitures : de l’électricité dans l’air !
En l'espace de quelques mois, tous les loueurs se sont mis à proposer des voitures électriques. Résultat ? Ni rush, ni fiasco, ça démarre piano avec, comme premiers clients, des curieux et surtout : les entreprises.
Conduire une voiture de location électrique est un peu déroutant. C'est ce silence absolu qui frappe tout d'abord. Au point qu'on tourne plusieurs fois la clé sans arriver à croire que la voiture ait vraiment démarré. Mais si, le voyant Ready est bien allumé. Alors on relâche la pédale de frein et c'est parti. On se sent aussitôt dans un film de SF, sur un tapis roulant ; c'est très agréable et un peu déconcertant. Si inhabituel que certains constructeurs préfèrent ajouter un bruit artificiel à basse vitesse pour la sécurité des piétons (il y a eu des accidents).
Pour l'instant, les loueurs ne proposent que des petits modèles : Citroën, Renault, Opel, Chevrolet… tous automatiques et loués au tarif d'une classe A ; mais comme le marché demeure essentiellement urbain pour des questions d'autonomie (150 km, mais les loueurs annoncent 100 ou 120 par sécurité), une petite automatique, c'est parfait pour se garer comme pour la conduite en ville. Car la deuxième grosse surprise, partagée par l'ensemble des clients, ce sont les reprises : pas mal du tout, ces reprises. Bref, en trois mots, hormis l'équipement de bord encore un peu cheap, ce sont vraiment de « bonnes petites voitures ».
BUSINESS ET CURIEUX
Bien sûr, 120 à 150 km d'autonomie, cela limite les déplacements, raison pour laquelle les loueurs s'adressent en priorité à une clientèle citadine. D'ailleurs, à écouter André Gallin chez Hertz, Frédérique Lorentz chez Avis ou Nathalie Bigeard chez National Citer (les responsables marketing), le premier « bilan » est simple : ça démarre mieux à Paris qu'ailleurs (l'autolib a familiarisé les gens) et la clientèle actuelle est double : les curieux qui souhaitent tester une électrique et, surtout les entreprises. Les cadres qui passent en ville quelques heures pour leurs rendez-vous appréciant particulièrement de ne pas avoir à faire le plein avant le rush du train ou de l'avion. Globalement, chez National Citer où l'on a le plus de recul, on s'estime satisfait : « On est passé de quelques dizaines de locations par mois cet été à plusieurs centaines aujourd'hui. Et plus les a priori tombent, plus le buzz fonctionne ».
Certains aventuriers poussant même jusqu'à Chartres où, en 2 h de recharge sur une prise normale (consommation équivalente à 4 machines à laver), ils récupèrent 50 km d'autonomie pour le retour. À l'heure actuelle, le problème n°1, ce sont les bornes de recharge ; Paris même n'en comptant que 70 ; mais nous n'en sommes qu'aux balbutiements et leur nombre augmente sans cesse. Et puis l'implication croissante des managers dans la RSE joue en faveur de la voiture écolo. Avec quelques mois de recul seulement, on peut donc parler d'un départ soft, mais plutôt réussi.
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