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Les TO ont plongé dans le rouge en 2011

Loin d’être celui de la reprise, l’exercice 2010-2011 a tiré les voyagistes un peu plus près du gouffre. La faute aux révolutions arabes, auxquelles les (fragiles) équilibres financiers n’ont pas résisté.

Alors que 2010 avait offert un répit aux TO français, 2011 semble bien avoir été pour eux la pire des années depuis le début de la crise économique. Le bilan de l’exercice dressé par l’Association de tours opérateurs/Ceto (portant sur la période du 1er novembre 2010 au 31 octobre 2011) laisse pourtant une impression de bon cru : l’activité globale a progressé de 1,9 % en nombre de clients (à 7,76 millions de passagers) et de 3,6 % en volume d’affaires (à 5,71 milliards d’euros) par rapport aux chiffres de l’année précédente, la recette unitaire étant remontée de 3,2 %, à 950E. Mais l’analyse en détail est beaucoup moins flatteuse. Bouleversés par les révolutions arabes, les voyagistes ont vu non seulement leurs ventes de voyages à forfait reculer durant l’exercice (- 1,5 %), mais surtout leur rentabilité plonger de manière alarmante. D’après l’étude du Ceto sur les ratios financiers des entreprises du secteur, menée par le cabinet KPMG et rendue publique en mars dernier, les voyagistes ont ainsi affiché en 2011 un Ebit (résultat d’exploitation) négatif, à -1,3 % du CA en moyenne. « C’est la première fois que nous passons dans le rouge depuis cinq ans que nous publions cette étude », confiait à l’époque René-Marc Chikli, président du Ceto.

Cette chute s’explique principalement par les efforts qu’ont déployés les TO pour trouver des destinations de reports à leurs clients au printemps et à l’été derniers. Les nouveaux engagements aériens et hôteliers qu’ils ont dû prendre, à la hâte, sur les pays d’Europe du sud ont généré autant de dépenses supplémentaires qui ont dévoré leurs marges, déjà éprouvées par des crises à répétition depuis 2008. Dans le même temps, la plupart d’entre eux ont cassé leurs prix sur les destinations arabes pour tenter de stimuler la demande, souvent en vain. Et cette hausse des coûts de production n’a malheureusement pas été compensée par des économies sur les autres postes de dépenses, malgré des coûts de structure globalement maîtrisés.

INQUIÉTUDE POUR LES MAJORS DU SECTEUR

Logiquement, les TO les plus engagés en Afrique du Nord et au Moyen-Orient sont ceux qui ont le plus souffert. Certains « petits » spécialistes n’y auront pas résisté, tel Nouveaux Continents ou Sun Marin, tous deux liquidés l’an dernier. Sans lien direct avec les crises arabes, d’autres défaillances ont également émaillé l’année dont celles de Vision du Globe/Longs-Courriers, d’African Safari Club, de Best tours ou de Forfait Flash.

Mais c’est surtout la situation des majors du secteur qui soulève l’inquiétude depuis un an. De Thomas Cook à Fram, en passant par les marques françaises du groupe TUI (Nouvelles Frontières et Marmara en particulier), les pertes cumulées se sont comptées en dizaines de millions d’euros en 2011. À l’inverse, le groupe Voyageurs, bien qu’également éprouvé par la conjoncture, a de nouveau fait la preuve de sa solidité. Et donc de son modèle.

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