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Les réseaux d’affaires font face à la crise financière

« La crise s’étend à l’Europe. Alors que l’incertitude plane sur le plan de sauvetage des banques américaines, la crise financière prend également une tournure européenne. La banque britannique Bradford et Bingley va être nationalisée tout comme Fortis et Dexia. Le milieu bancaire est donc en première ligne, mais la crise commence à se propager à d’autres secteurs comme les assurances et l’industrie pharmaceutique. Dans les entreprises, r

La crise s’étend à l’Europe. Alors que l’incertitude plane sur le plan de sauvetage des banques américaines, la crise financière prend également une tournure européenne. La banque britannique Bradford et Bingley va être nationalisée tout comme Fortis et Dexia. Le milieu bancaire est donc en première ligne, mais la crise commence à se propager à d’autres secteurs comme les assurances et l’industrie pharmaceutique. Dans les entreprises, réduire les coûts devient donc le maître mot et entraîne, par conséquent, une refonte des politiques de voyages. Beaucoup n’ont d’ailleurs pas attendu que la crise s’abatte sur eux pour préparer en amont leur plan de sauvetage. Tel Carlson Wagonlit Travel qui, malgré la forte hausse de 16 % de son volume d’affaires au premier semestre 2008 (+3,4 % sur le marché français), a défini l’an dernier un projet d’entreprise baptisé Podium 2010, qui vise à optimiser ses performances dans une nouvelle donne économique, déjà pressentie. « La crise financière est bel et bien là et ce n’est pas un non-phénomène. Elle aura des conséquences sur le voyage. Il faut donc se recentrer sur les fondamentaux et bien gérer sa trésorerie », prévient Jean-Claude Tacnet, directeur général de CWT France. Pour les réseaux, les premiers signes de faiblesse se sont globalement fait sentir au début de l’été.

chute perceptible depuis juillet

« Le mois de juin a été plus compliqué que prévu. Juillet et août ont même été très faibles », avoue Régis Chambert, directeur général VP France, Benelux, Italie, Espagne d’American Express Voyages d’Affaires, qui distingue cependant l’ampleur de la baisse d’activités en fonction de la taille de l’entreprise. « La chute la plus importante vient des grands clients internationaux qui réduisent déjà leurs coûts de transports et de déplacements de l’ordre de 15 à 30 %. Un coup de frein est également perceptible sur les grands comptes français alors que l’activité reste soutenue pour les PME/PMI qui n’attendent pas la crise pour faire des économies », explique-t-il.

Le réseau a donc lui aussi préparé une « stratégie de croissance », fruit d’une réflexion engagée il y a déjà deux ans. « L’industrie doit suivre une profonde transformation pour rester pérenne », indique Régis Chambert. « Nous ne sommes plus des agents de voyages traditionnels. Notre rôle est maintenant d’aider le client à optimiser ses achats et ses process, d’apporter des services supplémentaires, des outils de réservation et de facturation en ligne, et surtout de fournir du conseil pour l’accompagner dans la globalisation de ses achats. » Le but : amortir le choc de façon à ne sentir qu’un ralentissement et non une récession. Ne pas en arriver à la solution extrême du gel des déplacements. Chez HRG, on note déjà quelques annulations de voyages particulièrement dans le milieu bancaire et pharmaceutique. « La réduction des coûts n’a jamais été autant d’actualité », estime Yves Nanique, directeur général de HRG France, qui constate par exemple une hausse de plus en plus significative de l’utilisation du rail au détriment de l’aérien sur les déplacements nationaux mais surtout internationaux. Pour faire réaliser des économies aux entreprises, HRG a développé une cellule baptisée Global Pricing Desk composée d’une vingtaine de personnes, dont le seul objectif est de trouver le tarif aérien le plus bas du marché. « Nous nous engageons à faire réaliser 13 % d’économie sur le prix d’un billet de quatre segments et plus », assure-t-il. Dans le même esprit, Egencia Europe vient de lancer Egencia Promise : la garantie du meilleur prix sur les billets d’avion. Si un client trouve un vol moins cher que le conseiller voyage de la société, il se charge de modifier la réservation sans frais supplémentaires. Et si le vol est déjà complet, Egencia rembourse la différence. « Le but premier est la satisfaction des clients, particulièrement en période de crise. Tout simplement pour les garder », résume Régis Chambert. Quitte à réviser le programme hôtelier et à utiliser les low cost lorsque le produit répond aux attentes du client. « Ce n’est pas forcément moins voyager mais voyager moins cher. Les entreprises regardent désormais toutes les possibilités qui s’offrent à elles », ajoute Jean-Claude Tacnet qui, face à cette pression sur les prix, se tourne vers le développement d’autres secteurs comme la réservation hôtelière et le tourisme d’affaires. « Nous ne sommes pas encore identifiés en France comme une agence événementielle mais nous y travaillons, notamment à travers la mise en place de nouveaux outils de gestion », précise-t-il.

L’événementiel sera également impacté

Le marché fragmenté des séminaires peut, en effet, être un levier de croissance pour un groupe international, dont les clients attendent leur expertise pour une meilleure optimisation des prix et des coûts. Le secteur de l’événementiel, qui surfe sur le haut de la vague depuis plusieurs années (le chiffre d’affaires des 66 agences membres de l’ANAé a progressé de 11 % en 2007), se prépare lui aussi à entrer dans une période de ralentissement. « Certains projets incentive ont été déplacés depuis quelques mois, ils baissent en gamme et les événements trop chers sont annulés », indique Régis Chambert. HRG note également que « les budgets sont plus serrés et que tout est regroupé sur un seul événement ». Dans son étude prospective présentée lors de Top Resa, les dirigeants d’agences de l’ANAé font état d’un « optimisme mesuré » pour 2009. L’an dernier, 64 % d’entre eux estimaient que l’activité serait en progression en 2008 contre seulement 38 % pour 2009.

« La chute la plus importante vient des grands comptes internationaux qui réduisent leurs coûts de 15 à 30 % »

« Les réseaux s’engagent sur la garantie du meilleur prix sur les billets d’avion »

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