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Les hôteliers emportés dans la spirale de la rigueur

Alors que la taxe de 2 % sur les nuitées supérieures à 200 euros vient tout juste d’entrer en vigueur, la TVA à taux réduit va être relevée de 5.5 % à 7 % dans l’hôtellerie. De quoi inquiéter le secteur, qui doit déjà se mettre en conformité avec le nouveau classement hôtelier.

C’est la double peine pour les hôteliers. Depuis le 1er novembre, le secteur doit faire face à une nouvelle taxe de 2 % portant sur les nuitées supérieures ou égales à 200 E TTC, pour compenser la perte de recettes de 90 millions d’euros due à l’abandon du relèvement de la TVA sur les parcs à thème. Mais comme une mauvaise nouvelle n’arrive jamais seule, le gouvernement a annoncé le 7 novembre, dans le cadre du nouveau plan de rigueur, le relèvement du taux de TVA réduit de 5,5 % à un taux intermédiaire de 7 % « sur tous les produits et les services à l’exception des produits de première nécessité ». Le secteur de l’hôtellerie est donc pleinement concerné et les professionnels ont annoncé qu’ils allaient par conséquent demander une abrogation de la taxe de 2 %.

Les huit organisations syndicales (Fagiht, CPIH, GNC, Snarr, SNRPO, SNRTC, Synhorcat, Umih) avaient pourtant pris les devants pour passer entre les mailles du filet. Échaudées par la mise en place hâtive de la taxe de 2 %, elles avaient demandé le 3 novembre un rendez-vous en urgence avec les ministres de l’Économie et du Budget pour connaître leurs intentions en matière de TVA. Reçues dès le lendemain par Valérie Pécresse, Ministre du Budget, elles avaient été assurées qu’aucune décision n’avait été arrêtée à ce jour.

Didier Chenet, président du syndicat national des hôteliers, restaurateurs, cafetiers et traiteurs (Synhorcat), regrette « le renoncement du gouvernement à maintenir la TVA à un taux de 5,5 % pour son secteur ». Il a également souligné « la situation difficile dans laquelle se trouvaient actuellement les hôteliers engagés dans des investissements lourds et qui vont être fragilisés par les mesures du gouvernement ».

LE HAUT DE GAMME TIRE SON ÉPINGLE DU JEU

Les hôteliers ont en effet jusqu’au 23 juillet 2012 pour se mettre en conformité avec le nouveau classement hôtelier, or les établissements indépendants peinent à franchir le cap par manque d’aide et de moyens financiers. « Au nom de l’effort national, on oublie les promesses électorales. En plus, l’hôtellerie est plutôt gâtée avec un taux de TVA réduit alors que le secteur se porte bien », analyse Mark Watkins, directeur de Coach Omnium. C’est vrai que dans la morosité économique actuelle, l’hôtellerie tire bien son épingle du jeu, particulièrement sur le segment haut de gamme. Selon Deloitte, de janvier à septembre, le taux d’occupation des hôtels 4 et 5 étoiles s’est établi à 70,3 %, en hausse de 4,4 % sur un an. Une croissance qui devrait d’ailleurs se poursuivre en 2012. Le cabinet Pwc estime que les établissements de la capitale devraient enregistrer une progression moyenne de leur RevPar de 2.6 %. De quoi susciter – encore – de nouvelles convoitises gouvernementales ?

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