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L’édito de Dominique Gobert : qui veut aller se poser à Kaboul ? Invitation gratuite…

Décidément, il y a des gouvernements qui ne manquent pas d’air. Voilà maintenant que Kaboul exhorte les compagnies aériennes étrangères à revenir se poser délicatement sur l’aéroport du nouvel Etat taliban…

Ben voyons. Vous me direz, là où il n’y a pas de gène, il n’y a pas non plus de plaisir. Bien que plaisir et taliban, je ne vois pas très bien le rapport. Mais bon.

Or donc, les joyeux barbus, dans leur immense sagesse et leur amitié envers les étranges étrangers, ont appelé les compagnies aériennes étrangères, par le biais d’un porte-parole du ministre des Affaires étrangères, Abdul Qahar Balkhi, à revenir se poser à Kaboul.

Tout va bien, s’exclamait la semaine dernière ce bon Abdul. L’aéroport est nickel. Tout est réparé et il n’y a plus aucun problème. L’AIE, Emirat Islamique d’Afghanistan, se fend même d’une phrase extrêmement réconfortante en « assurant les compagnies aériennes de sa pleine coopération ».

Dominique Gobert, éditorialiste

C’est pas beau, tout ça ?

D’autant que l’AIE justifie son « invitation » en précisant que le manque de vols internationaux et surtout leur « suspension » laissaient ainsi de nombreux ressortissants afghans bloqués dans des pays étrangers et (sic) « empêchait les gens de voyager pour leurs études ou leur travail ». Et de poursuivre : « de nombreux citoyens afghans employés à l’étranger ou qui suivent des études à l’extérieur du pays font désormais face à des difficultés pour rejoindre leur destination ».

Il est vrai que les rares vols, principalement des charters, assurés par Pakistan Airlines ou Mahan Air – une compagnie aérienne avec laquelle j’ai eu la trouille de ma vie – sont à des tarifs prohibitifs : 1000 euros l’aller simple entre Kaboul et Islamabad (40mn). Mais c’est la loi de l’offre et de la demande

Curieux, il me semblait au contraire que de nombreux citoyens afghans cherchaient à quitter le pays. Question de sémantique, sans doute.

Les talibans ne parlent pas encore de tourisme, mais vous verrez que l’on y viendra. C’est tellement sympa, ce tourisme où l’on peut assister à une petite fusillade ou une pendaison au gré d’une promenade bucolique.

C’est vrai que là-bas, on ne rigole pas…

Du côté de nos compagnies aériennes, on ne semble pas se précipiter sur cette aubaine. Mais je vois mal Air France, toujours à la pointe de l’innovation, se pencher sur ce cas particulièrement… opportun ?

En revanche, ce bon Erdogan, joyeux démocrate maître de la Turquie, pourrait « conclure un accord opérationnel avec l’aéroport de Kaboul ». Mais, déclarait-il chez nos confrère de CBS News durant l’assemblée générale des Nations Unies, il « attendait des talibans un gouvernement « inclusif ».

Comprenne qui pourra.

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