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L’édito de Dominique Gobert : le grand bazar des chiffres

Trains, avions, bateaux, voitures… Qui émet le plus (ou le moins) de carbone ? Bien évidemment, personne n’est d’accord et la bataille des chiffres fait rage. D’autant que les annonces « pub » volent plutôt bas !

En clair, « marre » est le cri du cœur, venu à la fois de la part des transporteurs aériens et maritimes, face à la mise en cause écologique de leur activité.

Il semble bien d’ailleurs que tous les coups soient permis. A preuve cette récente campagne de pub, lancée par la SNCF et affichée à peu près partout. On y découvre ainsi que, selon la Dame de Fer, « Voyager en train à grande vitesse, c’est 50 fois moins de CO2 émis que pour un voyage en voiture et 80 fois moins qu’en avion » ! Et hop, servez chaud, circulez, il n’y a rien à voir.

De quoi mettre en rage les compagnies aériennes, particulièrement au Basque Bondissant, l’excellent Pascal de Izaguirre, nouveau président de la Fédération National de l’Aviation Marchande (FNAM).

D’ailleurs, il est de notoriété publique que le Basque n’aime pas du tout être contrarié.

Dominique Gobert, éditorialiste

Et de porter l’affaire devant le JDP (Jury de déontologie publicitaire), estimant que les chiffres annoncés par la SNCF sont nuls et non avenus. En clair, ces chiffres sont faux.

Ce que va reconnaître, dans son jugement rendu le 5 décembre dernier, le JDP, lequel estime que ces allégations risquent « d’induire le public en erreur ».

Caramba ! Encore un coup des détracteurs de l’aéroplane, ce qui, au passage, arrange bien les transporteurs ferroviaires. Car, une fois de plus, personne n’est d’accord sur la méthodologie employée, chacun estimant détenir le « savoir ».

Faut dire quand même que rien n’est clair, que chacun dispose pratiquement de sa méthode de calcul d’émissions CO² et que tout ça évolue dans un grand et joyeux bazar.

Ce qui est étonnant d’ailleurs, c’est que tous les détracteurs du transport en général hurlent comme des putois, mais n’ont pas vraiment de solutions. Si ce n’est d’interdire purement et simplement les transports, quels qu’ils soient.

Les transporteurs maritimes, les compagnies de croisières surtout, sont également sujets à cette forme de « bashing », ce qui a aussi le don de les irriter profondément.

Patrick Pourbaix, directeur général de MSC ne mâche pas ses mots, lui non plus, je le cite : « Nous sommes des transitionnistes hyperactifs en route vers une quasi-disparition des émissions carbone à l’horizon 2050 avec une compensation pour le solde, a-t-il déclaré lors de la récente convention du Cediv. La transition environnementale est phénoménale dans le secteur de la croisière. Le GNL arrive à grand pas, bientôt suivi par le premier bateau à l’hydrogène. Ne jetons pas la croisière avec l’eau de la mer. »

Comme quoi, le Belge est aussi très susceptible !

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