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Le tout affaires fait ses classes

« Lecteurs de DVD personnels, restauration permanente, sièges-lits extra-larges… Des compagnies se lancent sur le créneau monoclasse « tout affaires » avec la ferme intention de capter une partie du trafic transatlantique. »

C’est en mai 2002 que Lufthansa a ouvert le feu des vols monoclasse tout affaires, sous la marque Lufthansa Private Jet. Le transporteur allemand propose ainsi des Airbus A319 équipés de seulement 48 sièges au départ de Düsseldorf et des Boeing 737 de 44 fauteuils au départ de Munich, vers les Etats-Unis (New York/Newark et Chicago notamment).

L’originalité, au-delà de la configuration, vient du fait que les liaisons et les horaires des vols ont été harmonisés avec les besoins des voyageurs d’affaires. Ce produit est un vrai succès, et la France constitue maintenant notre deuxième marché en Europe, précise Axel Hilgers, directeur général France de Lufthansa. Les vols, qui sont sous-traités auprès de la compagnie suisse PrivatAir, sont aussi accessibles chez Swiss qui a introduit ce service depuis janvier 2005 entre Zurich et New York/ Newark en configuration de 56 sièges, et chez KLM depuis le 30 octobre dernier, entre Amsterdam et Houston.

Les petits qui n’ont pas peur des grands

Alors que les transporteurs américains, qui traversent une crise financière profonde, commencent tout juste à réinvestir dans leur classe affaires (à l’image d’American Airlines qui aura rééquipé la moitié de sa flotte avec un vrai lit fin 2006), deux petites nouvelles ont fait leur apparition aux Etats-Unis sur le créneau du tout affaires.

Créée en 2003, Maxjet a débuté ses vols le 26 septembre 2005. Basée à l’aéroport de Washington Dulles, elle opère six rotations par semaine entre New York et Londres-Stansted. Elles sont assurées avec des Boeing 767 configurés pour 102 passagers, alors que ce type d’appareil est normalement prévu pour 250 sièges. La compagnie offre tout le service qu’on est en droit d’attendre dans une classe affaires avec accès aux salons privés, repas complets et divertissements à la carte. Maxjet propose cependant une tarification beaucoup plus intéressante que celle d’une compagnie traditionnelle, avec des prix démarrant à 640 El’aller-retour !

Quasi simultanément, un autre transporteur s’est lancé sur le transatlantique. Eos Airways, fondé par David Spurlock (un ancien de British Airways), privilégie néanmoins le vrai luxe, avec tout le service qui l’accompagne. Les trois Boeing 757 de la flotte ne comptent que 48 sièges (pour une capacité normale de 200 places), ce qui libère un espace de 2 m2 par passager. Basée à Purchase dans l’Etat de New York, elle opère depuis octobre 2005 deux vols par jour vers Londres Stansted au départ de l’aéroport de JFK, et propose des tarifs à partir de 1 300 E pour un aller simple (réservation 30 jours à l’avance). Le service, avec choix de cinq menus gastronomiques à toute heure, siège-lit totalement plat de deux mètres de long, service de concierge, est véritablement celui d’une première chez une compagnie traditionnelle.

Un manque de notoriété

Le fait que ces deux initiatives aient vu le jour sur les vols transatlantiques ne doit rien au hasard. Les transporteurs américains, très concurrencés sur leur territoire par les low cost (comme Southwest), essaient par tous les moyens de se déployer à l’international.

Pour l’instant, ces compagnies tout affaires souffrent toutefois d’un manque de notoriété car elles se vendent en direct, contrairement aux produits Business Jets proposés par Lufthansa, Swiss et KLM, revendus par les canaux de distribution classiques en particulier les agences. Une chose est sûre : Maxjet et Eos viennent attaquer au plus mauvais moment les grandes majors américaines, de surcroît sur le segment de marché le plus rémunérateur.

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