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Le Plan Antilles laisse les hôteliers locaux sceptiques

Les mesures présentées par le gouvernement vont alléger les difficultés des hôteliers. Mais ne suffiront pas à relancer le tourisme.

Du 11 au 13 novembre, Marie-Luce Penchard, ministre de l’Outre-Mer et Hervé Novelli, secrétaire d’État chargé du Tourisme, se sont déplacés aux Antilles, accompagnés du Snav, du Ceto, du Club Med, et de Pierre et Vacances, pour présenter aux professionnels du tourisme les mesures de soutien au secteur. Un dispositif qui a été décidé dans le cadre du Comité interministériel de l’Outre-Mer (Ciom), faisant suite aux émeutes de février dernier. Au menu, un moratoire sur les charges patronales pour 2010, des plans d’apurement sur trois à cinq ans, des chèques vacances bonifiés de 20 % pour l’outre-mer, et un engagement du gouvernement à « tout faire » pour ouvrir une liaison sur Roissy. « Des mesurettes, loin d’un véritable plan de développement », réagit Yves Brossard, directeur général de Primea Hotels, touché, comme tous les hôteliers, par la baisse de fréquentation. « Pour les hôtels qui ont fermé, 2009, c’est plus de 40 % de chute du chiffre d’affaires, et de 15 % à 20 % pour les autres », précise Patrick Vial-Collet, coprésident du groupe Leader Hôtels. Et les engagements sont en retard de plus de 20 % sur janvier-mars, voire de près de 50 % pour la fin de l’année chez Tourinter. « Les liquidations vont se multiplier. On ne s’attendait pas à une deuxième année de crise », déplore Yves Brossard. Karibéa, le plus grand groupe hôtelier des Antilles, vient d’ailleurs d’éviter la liquidation, et devra trouver une solution avec la Caisse des dépôts avant février. Une situation qui explique les réactions mitigées de la profession face aux mesures annoncées. Les allégements de charges patronales, qui offrent un répit aux hôteliers, sont critiqués, à voix basse. « Face à cette grève, qui était en fait une insurrection, il aurait mieux valu qu’on nous indemnise, comme on l’a fait avec le chikungunya », avance Nicolas Vion, président du Groupement hôtelier et touristique de la Guadeloupe. La politique de visa est aussi jugée insuffisante. « Sur Maurice, il y a une procédure en ligne, commente Yves Brossard, pourquoi pas pour les Antilles ? » Reste la mauvaise image de la destination, qui joue pour moitié dans la baisse de fréquentation, selon Patrick Vial-Collet. Outre la charte Qualité tourisme en Guadeloupe, de nouvelles opérations, comme la Semaine des Antilles, devraient être lancées. Les hôteliers avouant toutefois leur préférence pour des marques Guadeloupe et Martinique distinctes. La liaison sur Roissy, demandée de longue date par les professionnels, reste très discutée. Du domaine du « probable », elle nécessite un « contrat de destination engageant les collectivités, les compagnies aériennes, et l’ensemble de la profession », explique Nicolas Vion.

« Les liquidations vont se multiplier »

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