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Le green tourne au rouge

Quel bilan tirer de la Semaine du développement durable, qui vient de se clôturer? Hasard du calendrier, cette dernière s’est inscrite dans un contexte politique un brin défavorable. Submergée par une vague lobbyiste d’industriels et de parlementaires, la taxe carbone venait en effet, quelques jours auparavant, de s’échouer sur les rivages écumés de la Communauté […]

Quel bilan tirer de la Semaine du développement durable, qui vient de se clôturer? Hasard du calendrier, cette dernière s’est inscrite dans un contexte politique un brin défavorable. Submergée par une vague lobbyiste d’industriels et de parlementaires, la taxe carbone venait en effet, quelques jours auparavant, de s’échouer sur les rivages écumés de la Communauté européenne. Une nouvelle qui donne du grain à moudre à ses défenseurs, mais également à une opinion publique lassée des discours moralisateurs. La récente étude Ethicity/TNS Media Intelligence, Les Français et la consommation responsable, dévoile ainsi que 43%d’entre eux avouent ne plus supporter le matraquage publicitaire sur ce thème, et seulement 65% des Français font confiance aux certifications sociales et environnementales (contre 73% en 2009). L’Environmentally Friendly aurait donc moins le vent en poupe, assimilé à un green-washing puissamment orchestré par les agences de communication et de relations publiques. Serait-ce alors ceux qui en parlent le moins qui agissent le plus, avec toute l’humilité que le sujet requiert?

Sur le front du tourisme, c’est sans doute l’enseignement qu’il faut en tirer, tant il est vrai que les opérateurs actifs en termes de tourisme responsable apportent, de longue date, leur contribution à cet enjeu. Dans ce contexte, j’aimerais évoquer le réalisateur Patrick Rouxel, primé à l’Amazonas Film Festival 2009 pour son documentaire Green portant sur les méfaits de la déforestation en Indonésie. Un moyen-métrage poignant, présenté en début de semaine à Paris. Et son auteur de confesser: « Je fais mes films par honte. Je trouve cela scandaleux ce que l’on fait à la planète et aux autres espèces vivantes. J’essaye de changer le monde avec mes petits films. Je sais que ça ne servira strictement à rien, mais je pense que c’est mieux de se battre plutôt que de baisser les bras. » La lassitude certainement, la désespérance parfois, mais la croyance toujours…

Laurence ROUSSEAU
Directrice de la rédaction

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