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Le capital-investissement à l’affût des pépites du tourisme

Le constat : Avec les crises, le paysage du tourisme bouge. Celui du capital-investissement aussi, ouvrant des opportunités de reprises. Les enjeux : Un investisseur doit réaliser rapidement et avec des risques calculés une plus-value sur une entreprise qui cherche à se développer. L’actualité : L’exemple de Go Voyages montrent que ces financiers exigeants trouvent de bonnes affaires, même dans le tourisme.

«De plus en plus d’investisseurs tournent autour du tourisme, car c’est un des secteurs d’activité les plus porteurs des trente années à venir. La France reste attractive pour sa stabilité, le niveau de formation des personnels et la qualité de ses infrastructures », affirme Christian Mantei, directeur général d’Atout France, pour qui le problème n’est pas tant de trouver des investisseurs que de vrais projets pouvant être rapidement concrétisés. En même temps, « le tourisme fait peur aux financiers, parce qu’il surréagit au moindre événement géopolitique », observe Nicolas Brumelot, directeur général de Go Voyages. « Quand ils prennent la peine de le regarder, ajoute-t-il, les financiers trouvent des entreprises qui croissent et sont rentables. » De fait, résume Alexis Gardy, en charge du tourisme au cabinet Roland Berger, « le tourisme intéresse et intrigue les financiers, car il vit d’énormes évolutions structurantes, qui ouvrent des opportunités mais lui donnent des frayeurs ». Le cas du fonds espagnol Dinaqua entré dans Marsans et Mundicolor montre que tous les coups ne sont pas gagnants.

DES FONDS D’ORIGINES DIVERSES

Mais qu’est-ce que le capital-investissement ? Pour qu’une entreprise se développe rapidement, il lui faut de bons produits commerciaux, un management et une stratégie brillants, mais aussi des moyens pour renforcer ses fonds propres, son besoin en fonds de roulement, faire face aux investissements… À moins d’engloutir une fortune personnelle ou d’être introduit en Bourse, reste l’ouverture du capital de l’entreprise à des financiers spécialisés. Ces derniers peuvent être des individus fortunés (business angels) ou des fonds divers : filiales de banques ou de groupes financiers (private equity, à ne pas confondre avec le public equity coté en Bourse), filiales de grands groupes industriels (fonds corporate), fonds spécialisés par secteurs ou technologies, fonds d’États (dits « souverains »), privés indépendants, français ou étrangers… Ces investisseurs hétérogènes utilisent souvent l’effet levier du « Leverage buy out » ou LBO : le ou les investisseurs(s) créent(nt) une holding pour racheter les titres de leur cible, en combinant des apports en fonds propres et un emprunt. Ce prêt est remboursé en quelques années par les dividendes prélevés sur la cible, le temps (trois à huit ans) de valoriser l’affaire en espérant repartir avec une confortable plus-value. Les plus grands de ces acteurs sont américains (Carlyle, KKR, Blackstone, Texas Pacific Group, Bain, Providence…) ou britanniques (Permira, Apax, CVC…). On trouve quelques français importants comme Axa PE ou Eurazeo et, à côté des géants, une multitude de petits fonds. Ce monde souterrain, mobile, plein de surprises, parfois de mirages, ne s’intéresse pas particulièrement au tourisme.

« LES SECTEURS À FORT POTENTIEL »

« Nous ne faisons pas d’analyses sectorielles, nous identifions les secteurs à fort potentiel comme l’Internet marié au tourisme », nuance Lise Fauconnier, directeur d’investissement chez Axa PE, qui vient de reprendre Go Voyages. Go Voyages autour duquel se sont bousculés de grands financiers en est l’illustration. Tout comme Karavel-Promovacances, passé par les mains d’Amadeus entre 2005 et 2007 avant d’être repris par Barclays PE aux côtés du management. Grâce à ces appuis, il est devenu leader français de la vente de séjours sur Internet et n’a laissé échapper aucune occasion de rachats depuis sa création en 2000 (Promovacances, Tati Vacances, ABCroisières, Partirpascher, Un Monde à Deux…). Dans le même filon, l’histoire d’Easyvoyage, leader français de l’infomédiation en ligne dédiée au voyage a trouvé aussi ses accélérateurs de croissance : il a enchaîné deux LBO, un premier en 2006 avec les fonds Seventure et Actem Partners de Natixis, puis un second en 2009 avec deux autres financiers UFG PE et le belge GIMV. Ces coups de pouce lui ont permis d’accélérer sa croissance européenne et d’enrichir son offre. Les exemples du capital-investissement dans le voyage en ligne sont multiples : le moteur de recherche Liligo a levé des fonds auprès d’Alven et Orkos Capital ; Splendia (réservation hôtelière de luxe) a séduit Crédit agricole PE ; PlanetVeo, tour-opérateur multispécialiste en ligne est lui aussi soutenu par le fonds Alven. Plus traditionnellement, le private equity reste attentif à l’hôtellerie, comme l’a montré l’intérêt de l’américain Blackstone pour le groupe Hilton. En France, l’américain Colony, allié au français Eurazeo qui avait tenté de reprendre la Société du Louvre, est monté en puissance dans le capital d’Accor. Ensemble, ils ont pu imposer la scission du groupe hôtelier, opération qui doit se dénouer prochainement… en opposition frontale avec le fonds souverain français FSI (groupe Caisse des dépôts) marginalisé dans ce dossier. À plus petite échelle, Eurazeo a aussi investi, en 2005, dans le groupe d’hôtellerie économique B et B en reprenant la place de Duke Street Capital. Il y était entré au côté de Montefiore, par ailleurs présent au capital d’Homair Vacances. Cet adossement a permis à B et B de doubler de taille en cinq ans. Eurazeo, qui est aussi dans Europcar, a annoncé la mise en vente de sa participation dans B et B. Autres fonds intéressés par l’hôtellerie, LFPI (galaxie Lazard) est présent chez Time Hôtels (ex-Paninvest) ou Phillimore au capital de la chaîne Exclusive Hôtels. Par ailleurs, la Compagnie des Alpes (domaines skiables et parcs de loisirs) a eu pendant cinq ans dans son tour de table le fonds IPE.

UN INTÉRÊT POUR LES NICHES

Le capital-investissement est peu attiré par la production touristique traditionnelle, et encore moins par la distribution. Il s’intéresse toutefois à des niches : Tourisport (Sport Away, Club Aventure…) a eu à son capital BNP Développement qui a passé le relais à Geophil, holding d’investissement de Décathlon déjà présente dans Atalante. Avenir Entreprises, filiale de la Caisse des dépôts et d’Oséo, qui a intégré l’ancien fonds Avenir Tourisme, a gardé beaucoup de participations dans l’hôtellerie, le tourisme fluvial, l’événementiel. Ce fonds est également actionnaire de Travel et Co, qui contrôle Terres de Charme et maintenant Australie Tours. Enfin le fonds LBO France est entré en 2008 dans Tourexcel (Cityrama, Paris Vision…). Tous ces acteurs du capital-investissement cherchent des projets porteurs de croissance rapide, mais disent attacher une importance cruciale aux qualités des managers.

« La France reste attractive pour sa stabilité, le niveau de formation des personnels et la qualité de ses infrastructures »

« Nous ne faisons pas d’analyses sectorielles, nous identifions les secteurs à fort potentiel comme l’Internet marié au tourisme »

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