La sécurité aérienne perturbe le trafic vers les Etats-Unis
Les autorités américaines menacent d’interdire les compagnies aériennes qui ne se conformeront pas aux nouvelles dispositions.
Les 24 et 25 décembre dernier, sept vols vers les Etats-Unis (dont trois au départ de France) ont été annulés, pour prévenir une menace terroriste supposée. D’autres vols internationaux ont subi des retards de deux à trois heures, preuve que la pression sur la sécurité aérienne est loin d’être retombée. Bien au contraire. Au-delà des principes édictés au lendemain du 11 Septembre (blindage des cockpits, interdiction d’objets coupants à bord, etc.), la FAA (l’équivalent de la DGAC aux Etats-Unis) a imposé de nouvelles mesures et menace de ne plus autoriser les compagnies à atterrir ou même à survoler les Etats-Unis en cas de refus de se mettre en conformité.
Tous les transporteurs européens, dont Air France, ont donc encore renforcé les contrôles d’identité et accueillent maintenant dans leurs avions des policiers anonymes armés. Une mesure décriée. Notre position est que nous ne voulons pas d’armes à bord des avions, et certainement pas dans le cockpit, précise Anthony Concil, porte-parole de l’Iata.
Un fichage en trois couleurs, selon la dangerosité supposée
Au départ de Paris, les transporteurs ont dû s’adapter. L’heure limite d’enregistrement est passée de 45 minutes à 1 heure avant le vol, explique Philippe Fleury, chez Continental Airlines. Certains vols vers les Etats-Unis subissent des retards d’une heure environ, précise pour sa part Air France.
Et cela ne fait que commencer. Les autorités américaines mettent actuellement en place un système de fichage des personnes arrivant aux Etats-Unis selon un code de trois couleurs, en fonction de leur dangerosité supposée. Parallèlement, la Commission européenne vient d’autoriser la transmission par les compagnies de données confidentielles concernant 34 éléments relatifs à leurs clients.
Enfin, les passagers en provenance de pays qui ne bénéficient pas du programme d’exemption de visa sont désormais photographiés en entrant aux Etats-Unis et leurs empreintes digitales relevées. La prochaine étape sera la mise en place du passeport biométrique, qui comportera lui aussi une empreinte digitale.
