L’A330 d’Air Caraïbes, de l’usine au baptême
Une cérémonie a été organisée à Toulouse pour la réception du nouvel appareil, qui permettra de renforcer le programme hiver et les dessertes antillaises en période de pointe.
Air Caraïbes accueille ce 25 novembre un nouvel A330-300 dans sa flotte. Direction Toulouse, sous un brouillard épais, où tout a commencé. 9 appareils de ce type sortent chaque mois du complexe d’Airbus, qui emploi 20 000 personnes. Sur le site Clément Ader, le hangar gigantesque, béton lissé sur le sol et toit en tôle, est immaculé. « Chaque chose à sa place et chaque place a sa chose » explique le guide qui organise des circuits grand public avec Airbus Visit. Autour des carlingues les « compagnons » d’Airbus s’affairent. Guidé par laser et vidéo, un robot encercle les coques afin de les fixer avec plusieurs milliers de rivets. Il faut ensuite aligner et fixer les différentes parties de l’appareil (les ailes, la dérive, le nez…) au millimètre près, avant d’attaquer le câblage électrique, les tests d’étanchéité des réservoirs…
« La livraison d’un nouvel appareil est toujours un évènement » entame Jean-Paul Dubreuil, président du conseil de surveillance d’Air Caraïbes, qui a réuni pour l’occasion ses partenaires – banquiers, clients, avocats – et ses équipes, au Delivery Center d’Airbus. La compagnie, qui a déboursé 108 millions d’euros pour cet Airbus, devrait afficher « zéro ou plus » en bénéfice net pour l’exercice en cours, avec un chiffre d’affaires en hausse de 8 % à 300 M d’E. Avec 27 % de part de marché sur les Antilles, derrière Air France (48 %), mais devant Corsairfly (25 %), Air Caraïbes est bien positionnée sur le marché affinitaire. « Ils ont une véritable identité antillaise, avec des annonces en créole et des employés dans les îles.Cela séduit nos clients » explique Catherine Butel, directrice de Voyages Vat Antillais, qui vient d’ouvrir une troisième agence pour faire face à la demande.
UNE CONCURRENCE DE PLUS EN PLUS VIVE
La crise européenne risque toutefois de peser sur l’activité en 2012. L’agressivité commerciale de ses concurrents, avec des prix en baisse de plus de 20 % en cinq ans malgré la hausse du prix du pétrole, apparaît également problématique. Les gains en productivité ne pourront se poursuivre longtemps, malgré l’équilibre attendu sur le réseau régional, déficitaire pour l’instant. Jean-Paul Dubreuil s’affiche en revanche peut inquiet de l’alliance entre Air Antilles Express et Corsairfly. L’heure, pour l’instant, est aux réjouissances. Les coupes de champagne rangées, l’avion entame sa descente au coucher du soleil avant d’atterrir sous les jets des lances à eau des camions de pompier d’Orly. Après ce baptême, l’appareil ira rejoindre les quatre autres long-courriers de la compagnie afin de renforcer le programme de vols d’hiver, notamment sur Port au Prince et Cayenne. Il permettra également de proposer davantage de rotations en période de pointe, 13 par semaine sur Pointe-à-Pitre et 12 sur Fort-de-France.
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