Istanbul, d’un monde à l’autre
Orientale ou occidentale ? La métropole turque ne se pose pas cette question ! Istanbul est multiple, riche d’une culture millénaire, et pourtant bien en phase avec le XXIe siècle, qu’elle dévore avec fièvre.
S »adresser aux deux rives, sans appartenir totalement à l’une ni à l’autre, dévoile le plus beau des paysages, poétise Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature, en évoquant sa ville natale. Un pied en Asie, l’autre en Europe, les deux marchant inexorablement et avec un entrain remarquable vers un futur ultra-contemporain. Constantinople n’est plus. N’en déplaise à ceux qui s’opposent à l’entrée du pays dans l’Union européenne, nous avons une histoire commune bien plus riche avec la Turquie qu’avec bien d’autres nations du Vieux Continent. Il suffit d’observer qu’à Istanbul, le fameux lycée universitaire francophone de Galatasaray continue de former l’élite stambouliote. Ceux qui soutiennent l’entrée de la Turquie dans l’Europe espèrent que le choix d’Istanbul comme capitale européenne de la culture en 2010 présage d’un changement d’orientation favorable. L’étranger, lui, ne se préoccupe guère des luttes intestines qui agitent la Turquie séculaire. Trop heureux de découvrir cette métropole du futur, qui bat à un rythme effréné, sur les vestiges de la Sublime Porte. Fascinante, Istanbul réveille nos fantasmes d’Orient en affichant ses silhouettes arrondies de mosquées plusieurs fois centenaires, ses bazars d’épices, ses portefaix chargés de maïs grillés et de pains au sésame, ses palais ottomans et ses chants de muezzin. Et nourrit nos appétits de modernité, dans ses quartiers branchés où la fête se poursuit chaque nuit jusqu’aux premières lueurs de l’aube, dans ses musées d’art contemporains, dans ses cafés littéraires, ses avenues aux enseignes internationales, dans ses restaurants design et ses galeries alternatives. Istanbul trépigne à toutes vapeurs, tels les navires qui sillonnent par milliers la plus belle avenue maritime du monde qu’est le Bosphore. Revenir ! C’est une sentence à laquelle nul n’échappe, tant Istanbul se prête à tous les modes de découverte, du plus classique au plus déjanté. Et même un long week-end n’y suffit pas.
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