Hôtellerie française : la DGCCRF épingle Booking.com pour « pratiques restrictives de concurrence »
La direction générale de la concurrence demande à Booking.com de modifier ses contrats conclus avec les hôteliers français. Sous peine de sanction.
La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) hausse le ton. Ses agents ont enjoint le 3 juillet 2025 Booking.com « de mettre ses conditions générales de prestations (CGP) en conformité avec le règlement (UE) n° 2019/1150 » -dit règlement P2B- et avec le code de commerce. La plateforme doit s’exécuter le 31 décembre 2025 au plus tard.
Menace d’une astreinte de 69 millions d’euros… par jour
L’absence de mise en conformité au 1er janvier 2026 exposerait Booking.com « à une astreinte financière journalière dont le montant total pourra atteindre 69,35 millions d’euros », prévoit l’injonction.
Le règlement P2B promeut la transparence des relations commerciales entre les services d’intermédiation en ligne et leurs entreprises utilisatrices. Par conséquent, les conditions générales doivent être rédigées « de manière claire et compréhensible ». Et en l’espèce, Booking.com doit informer les hôtels clients, sur un support durable, de « tout changement ». La DGCCRF lui demande aussi la plus grande transparence sur les paramètres déterminant le classement des établissements.
Booking.com se défend
La plateforme de réservations hôtelières, dont la maison mère réside aux Pays-Bas, devrait obtempérer. Dans une réaction adressée à L’Echo touristique, Booking.com laisse entendre qu’elle va changer ses contrats, même si elle reste en désaccord avec les critiques de la DGCCRF.
« Nous avons collaboré étroitement avec la DGCCRF afin de répondre à ses préoccupations et d’élaborer des solutions qui continuent de stimuler la demande pour nos partenaires d’hébergement en France, tout en satisfaisant les besoins des consommateurs, explique ainsi la plateforme. Bien que Booking.com soit en désaccord avec les conclusions de l’enquête, nous nous employons activement à dissiper toutes les préoccupations. »
Sans surprise, l’UMIH approuve l’injonction, rappelant qu’elle se bat depuis longtemps contre les pratiques « abusives » du géant hôtelier.