Hôtellerie en France : juillet devient le premier mois de réservation, juin le plus cher
Selon le rapport Hotel Booking Trends 2026 de SiteMinder, juillet s’est hissé l’an dernier au premier rang des mois les plus réservés dans l’hôtellerie française, représentant 10,46% des séjours annuels, devant août, qui en concentre 10,42%.
Une inversion symbolique dans un calendrier longtemps dominé par les départs du mois d’août. Juin et septembre gagnent également du terrain par rapport à 2024, confirmant un étalement progressif de la demande autour du cœur de l’été. À l’inverse, mars enregistre la plus forte baisse, passant de 7,8% à 7% des séjours, tandis que janvier recule de 6,38% à 6% des réservations.
La France à contre-courant du lissage observé en Europe

Cette concentration accrue sur les mois estivaux distingue la France de la tendance observée dans d’autres grandes destinations européennes. En Espagne et en Italie, les données de SiteMinder montrent au contraire une progression des réservations au printemps et à l’automne, avec un léger recul du poids de l’été, signe d’un lissage plus prononcé de la fréquentation sur l’année.
Côté prix, le tarif journalier moyen par chambre en France a augmenté de 199,54 euros en 2024 à 207,22 euros en 2025, soit une hausse de près de 3,9%, supérieure à la moyenne des marchés analysés dans le rapport. Cette progression masque toutefois de fortes disparités selon les mois.
En moyenne, plus de 245 euros pour une chambre en juin
Juin se distingue nettement comme le mois le plus cher de l’année. Le prix moyen y a bondi de 211,61 euros à 245,27 euros, soit une hausse de près de 16% en un an. Janvier enregistre également une augmentation marquée, avec un tarif passant de 166,53 euros à 186,01 euros (+11,7%). À l’inverse, novembre devient le mois le plus abordable, avec un prix moyen de 178,58 euros, détrônant ainsi janvier.

Autre enseignement d’importance relevé par l’étude, août, pourtant l’un des mois les plus fréquentés, affiche une baisse de son prix moyen par nuit, de 216,31 euros à 202,84 euros (-6,2%). Désormais comparable à avril ou octobre en termes de tarifs, il offre un rapport fréquentation-prix plus favorable. Ce déplacement de la tension tarifaire vers le début de saison profite notamment à la clientèle française, plus présente en août qu’en juin ou juillet, dans un contexte où l’arbitrage budgétaire par nuit devient plus marqué.
Sur la répartition hebdomadaire, le vendredi demeure la nuit la plus chère, autour de 220 euros, tandis que le lundi reste la plus abordable, avec 197 euros, soit un écart moyen d’environ 23 euros.
Progression de la clientèle domestique
Si la France demeure un marché largement international, la part des voyageurs domestiques continue de progresser. En 2025, 47% des réservations hôtelières sont réalisées par des clients français, contre 45% l’année précédente. Une évolution cohérente avec la tendance mondiale observée par SiteMinder, qui souligne un regain des voyages nationaux. Selon le Changing Traveller Report, la Bretagne, la Côte d’Azur et la Normandie figurent parmi les régions françaises les plus susceptibles d’attirer les voyageurs en 2026.
Retour des GDS et montée en puissance de Trip.com
Enfin l’analyse des canaux de distribution met également en évidence plusieurs évolutions structurelles. Les GDS réintègrent le Top 5 des canaux générant le plus de revenus, traduisant un retour plus marqué de la clientèle d’affaires. Parallèlement, Trip.com, plateforme principalement utilisée par la clientèle chinoise, progresse de la neuvième à la septième place, portée par l’amélioration de la connectivité aérienne entre la France et la Chine et par la montée en puissance des clientèles asiatiques dans les revenus hôteliers.
En 2025, les canaux les plus rémunérateurs pour les hôtels français restent dominés par Booking.com et Expedia Group. Ils sont suivis des sites web des hôtels en réservation directe. Viennent ensuite Hotelsbeds et les GDS. A noter la neuvième place occupée par Airbnb.
Le rapport Hotel Booking Trends de SiteMinder est basé sur plus de 130 millions de réservations hôtelières traitées chaque année dans 20 destinations majeures.
