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Expedia met les deux pieds en france

Outre le rachat d’Anyway, le géant américain de l’Internet renforce sa collaboration dans le site Voyages-sncf.com et prépare le lancement d’Expedia.fr. Avec trois sites français en 2004, il se donne les moyens de concurrencer les leaders du marché du voyage en ligne.

Alors que l’on pensait que Travelocity allait enfin sauter sur l’occasion pour mettre un pied en France, c’est finalement Expedia qui vient de mettre la main sur Anyway.com pour la coquette somme de 53 ME. Il est vrai qu’avec un volume d’affaires de 3,2 milliards d’E pour le seul premier semestre 2003, la quatrième agence en ligne aux Etats-Unis dispose de moyens importants. La transaction avec le groupe Transat, l’actuel propriétaire (qui réalise au passage une belle plus-value) devrait être bouclée pour ce 31 octobre.

Marc Ruff, DG France d’Expedia, considère néanmoins comme normal ce rachat de la troisième agence de voyage Internet de l’Hexagone (78 ME de volume d’affaires en 2003). Dans le cadre de GL Expedia, le joint-venture créé avec la SNCF pour gérer Voyages-sncf.com, nous étions déjà partenaire d’Anyway qui assure la gestion des opérations de sous- traitance. De fait, une vingtaine d’agents de voyages d’Anyway s’occupe de l’activité back office, de l’émission des billets d’avion ainsi que de la gestion des appels des clients du site de la SNCF, qui réalisera en 2003 un volume d’affaires de 470 ME (dont 90 ME avec Expedia sur les produits autres que le train).

Chez Anyway, qui se savait à vendre depuis plusieurs semaines, on se réjouit de cette opération. Spécialisé dans la distribution aérienne (avec plus de 175 000 billets vendus en 2003), le site souhaitait élargir davantage son offre loisirs. Expedia, l’un des leaders sur la vente de forfaits dynamiques associant l’aérien, l’hôtellerie et la location de voiture, devrait l’y aider.

Un partenariat renforcé avec la SNCF

Outre le fait qu’InterActiveCorp, la maison mère d’Expedia, mais aussi d’Hotels.com, possède des moyens colossaux, notre rachat va nous apporter de nouveaux produits ainsi que des technologies auxquelles nous n’avions pas accès, se réjouit Olivier Kervella, DG d’Anyway. La marque, la direction et l’équipe seront donc conservées. Aucune suppression d’emplois n’est envisagée d’autant qu’actuellement, ce sont plutôt des problèmes de croissance que nous devons gérer, confirme Marc Ruff. La seule chose qui changerait, à terme, est le fournisseur technologique, Anyway étant, à l’image du groupe Transat, utilisateur du GDS Sabre alors qu’Expedia travaille avec Worldspan. Les négociations techniques et financières avec les deux GDS promettent d’être intenses dans les prochaines semaines…

L’acquisition d’Anyway par Expedia ne constitue cependant qu’un élément de la montée en puis-sance en France de l’agence en ligne américaine, déjà présente en Grande-Bretagne et en Allemagne. Celle-ci a annoncé l’augmentation de sa participation dans GL Expedia à hauteur de 49,9 %, en rachetant à la SNCF 2,9 % de ses parts. La vente de billets d’avion, de séjours et de locations de voiture ne représente que 20 % de l’activité globale de Voyages-sncf.com, mais les deux entreprises espèrent passer à 50 % d’ici à cinq ans. Pour 2004, un doublement du volume d’affaires pour ces produits est d’ores et déjà espéré, à 180 ME. Nous allons pour cela augmenter de 120 % nos investissements marketing et technologiques en 2004, afin d’être encore plus agressifs, assure Denis Wathier, DG de Voyages-sncf.com. Et d’autres annonces ne sont pas à exclure au premier semestre 2004, laisse-t-il filtrer. Ce partenariat renforcé entre la SNCF et Expedia permettra également aux sites d’Eurostar de proposer des offres hôtelières, et à Expedia de distribuer sur ses différents sites en Europe ou aux Etats-Unis les produits de la SNCF.

Expedia.fr opérationnel en 2004

Enfin, poursuivant sa politique d’implantation en Europe, Expedia a confirmé le lancement de son site en France en 2004. Des synergies aux niveaux opérationnel, marketing et technologique permettront de faire des économies d’échelle, se félicite déjà Olivier Kervella. Anyway pourrait ainsi assurer le back office du futur Expedia.fr. Restera à donner à chacune des trois marques, vraisemblablement complémentaires, une identité forte : Voyages-sncf.com sera évidemment centré sur le train (le site assure 8 % des ventes grandes lignes de la SNCF) et les produits moyen-courriers autour du Bassin méditerranéen, Anyway sur l’aérien et Expedia sur le long-courrier et la vente de forfaits loisirs.

Curieusement, le lancement d’Expedia.fr ne semble pas gêner Denis Wathier de Voyages-sncf.com. S’il reconnaît qu’une certaine concurrence pourra exister entre les sites, la croissance actuelle du marché laisse suffisamment de place pour de nouveaux opérateurs, a fortiori s’ils sont suffisamment solides et sérieux, assure-t-il. Les autres acteurs du marché interrogés considèrent eux aussi, tout du moins officiellement, que l’arrivée d’Expedia voire un jour de Travelocity, devraient dynamiser et professionnaliser l’offre. Tout dépendra de leurs capacités à investir pour se faire connaître et se développer, juge Frédéric Battut, directeur des achats et ventes du groupe Karavel.

Ce débarquement de l’américain pourrait toutefois accélérer encore la consolidation du secteur. Car, malgré les concentrations intervenues ces derniers mois (reprise de Travelprice par Lastminute, de Promovacances et de Tati Vacances par Karavel), il subsisterait encore trop d’agences en ligne aux reins fragiles, incapables d’assurer leur développement à long terme. D’autres acquisitions voire des disparitions sont à prévoir afin d’atteindre un marché mature, comportant trois ou quatre opérateurs, considère Denis Philippon, DG France de Lastminute. Les regards se tournent en particulier vers le groupe Karavel/Promovacances/Tati Vacances, qui paraît aujourd’hui quelque peu isolé bien que son slogan affiché soit Indépendance, Sérénité, Développement. A moins que le groupe Lastminute, lui-même convoité selon des rumeurs récurrentes, ne lui vole la vedette.

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