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Egypte, le coup de grâce

Les attentats de Dahab, sur la mer Rouge, risquent de porter un coup fatal à une saison égyptienne déjà plus que morose sur le marché hexagonal.

L’Egypte n’avait pas besoin de ça ! Le triple attentat de Dahab le 24 avril, qui avait fait 18 morts (12 Egyptiens et 6 ressortissants étrangers) et une soixantaine de blessés (dont deux Français) au moment de notre bouclage, est un nouveau coup dur pour le pays des Pharaons, déjà victime d’une forte désaffection sur le marché français.

Après Taba, en octobre 2004, (34 victimes, en majorité israéliennes), Sharm el-Sheikh en juillet 2005 (70 victimes), Dahab, station balnéaire très fréquentée par les plongeurs sur les bords de la mer Rouge, est la troisième attaque terroriste en 18 mois dans la péninsule du Sinaï. Perpétrée à une date symbolique, pendant le week-end férié des Pâques coptes et Cham al-Nassim (fête du printemps), et à la veille de la commémoration du retrait israélien du Sinaï en 1982, elle rappelle que l’Egypte est devenue une cible privilégiée dans le cadre du conflit au Proche-Orient.

Dahab, à 530 kilomètres du Caire et au nord de Sharm el-Sheikh, n’est pas très programmée sur le marché français, plutôt adepte d’Hurghada. STI Voyages, un des leaders vers l’Egypte, n’y propose qu’un seul établissement, le Hilton Dahab, comme Nouvelles Frontières. Djos’Air propose pour sa part trois hôtels en brochure, tandis que TUI programme le Coralia Club. Au total, les TO français avaient une trentaine de clients sur place dont un a été blessé. La destination est un micromarché en Egypte. Cet attentat est très ciblé, comme celui de Taba, témoigne Pierre Banlin, directeur commercial de STI Voyages. Taba avait en effet eu peu de répercussions sur la fréquentation touristique de l’Egypte, laquelle a battu, au cours de l’hiver 2004-2005, tous ses records (toutes clientèles confondues).

Le Quai d’Orsay déconseille la péninsule du Sinaï

Reste que dans un marché français atone depuis plus de six mois, c’est sans doute l’attentat de trop. Depuis les attaques terroristes de Sharm el-Sheikh l’été dernier et les crashs et incidents aériens qui ont altéré la confiance des candidats au départ, le pays des Pharaons ne fait plus recette dans l’Hexagone. D’après les chiffres du ministère du Tourisme égyptien, la fréquentation française a chuté de 36,3 % au cours du premier trimestre 2006, passant de 157 864 arrivées en 2005 à 100 516. Ces mauvaises performances sont spécifiques au marché hexagonal puisque l’Italie se contente d’un -6,3 % sur le premier trimestre, l’Allemagne de -12,2 % et que la Grande-Bretagne progresse… de 48,6 %, ramenant la baisse sur le marché européen à 2,9 %.

Cet effondrement français se retrouve évidemment dans les statistiques des TO programmant la destination, même si depuis un mois et demi, les ventes remontaient la pente jour après jour. Essentiellement en haut de gamme, précise Pierre Banlin. Et à grand coup de promotions, notamment chez Marmara. Très vendus l’été, présentés comme une alternative aux croisières sur le Nil et un vrai relais de croissance pour le tourisme égyptien, les séjours sur la mer Rouge vont bien sûr subir un nouveau coup de frein.

Le Quai d’Orsay, dans ses conseils aux voyageurs, continue d’ailleurs de déconseiller la péninsule du Sinaï et recommande de faire preuve d’une grande attention dans les lieux de forte attraction touristique. De son côté, l’Association de tour-opérateurs/ Ceto, à l’exception des quelques clients devant se rendre à Dahab (une trentaine de départs prévus en mai) et qui pourront bénéficier de report sans frais jusqu’au 8 mai, ne modifie pas les conditions d’annulation légales pour les voyages vers le reste de l’Egypte.

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