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Crise d’Aigle Azur : « Nous demandons aux agences de mettre les billets en remboursement »

Aigle Azur risque d’engendrer un sinistre plus important que celui d’Air Lib, justifiant des mesures exceptionnelles, selon Jean-Pierre Mas (EdV).

Devant l’urgence la situation, inédite dans le transport aérien, les Entreprises du Voyage (EdV) ont pris une décision sans précédent : « Nous demandons aux agences de voyages de mettre les billets non-utilisés (non volés en AR, NDLR) en remboursement auprès du BSP », nous a indiqué son président Jean-Pierre Mas mercredi 4 septembre, en marge du Dîner des Décideurs de L’Echo touristique. Un courrier sera adressé à dessein ce matin à l’ensemble des adhérents. Sachant que le syndicat donne ce conseil à tous les distributeurs, qu’ils soient membres ou non. « C’est la première fois que nous prenons une telle initiative », ajoute Jean-Pierre Mas. Objectif : préserver les intérêts des clients des agences, dans les meilleurs délais.

Dans les prochains jours, les EdV vont aussi intervenir auprès de l’Association internationale du transport aérien (IATA), par référé, afin de bloquer les sommes correspondant aux billets émis mais non-volés. Le syndicat veut ainsi obtenir la mise sous séquestre des sommes versées par les agences au 15 septembre, pour les billets émis et non utilisés à compter du 15 août, en cas d’arrêt définitif de l’activité. Ce qui permettra alors un remboursement partiels des clients lésés. « Mais il y aura de la casse, on ne pourra pas tout rembourser ! »

Les vols vers Sao Paulo, Bamako et Porto sont stoppés

Jean-Pierre Mas ne croit effectivement pas à un projet de reprise pour la compagnie en redressement, spécialisée dans les vols vers l’Algérie. « Aigle Azur va créer un sinistre important auprès des agences de voyages et de leurs clients, ce qui me conforte dans ma demande d’imposer aux compagnies des garanties financières similaires à celles qu’elles-mêmes imposent aux agences de voyages », estime le président du syndicat. « Nos relations sont inéquitables ! », martèle-t-il. Pour lui, en cas de liquidation, « le sinistre sera plus important que celui d’Air Lib », compagnie disparue en 2003. « Des milliers de passagers ne pourront pas rentrer. » Déjà, la compagnie aérienne a stoppé ses vols vers Sao Paulo, Bamako et Porto. D’après La Dépêche, 200 passagers d’un vol Alger/Toulouse sont bloqués depuis 48 heures à Alger, leurs passeports étant en possession de la compagnie. Une situation incroyable qui illustre l’ampleur de la crise qui frappe Aigle Azur, en redressement judiciaire depuis lundi 2 septembre.

La situation devient chaque jour plus compliquée. Mais les salariés de la deuxième compagnie aérienne, dont le PDG Frantz Yvelin a démissionné hier, veulent toujours croire à un plan de sauvetage. A ce jour, trois offres de reprise sont connues. Les candidats ont jusqu’à lundi 9 septembre 2019 à 12h00 pour déposer un dossier. Sur le site internet d’Aigle Azur, les billets ne sont plus disponibles à la vente.

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