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Caroline Proulx, ministre du Tourisme du Québec : « Nos clientèles nous demandent d’avoir un développement touristique responsable »

Elle est la première ministre du gouvernement québécois à revenir en France dans le cadre d’une mission économique depuis le début de la pandémie, un signal fort pour l’industrie. Nous avons interviewé Caroline Proulx sur les grands enjeux de la relance de la destination.

Deux ans après une première escale parisienne, Caroline Proulx, la ministre du Tourisme du Québec, a fait le déplacement pour venir à la rencontre des professionnels du tourisme de l’Hexagone dans le cadre d’une mission économique. Mardi, un workshop a ainsi réuni voyagistes, prestataires et compagnies aériennes à Paris. L’occasion de faire le point sur les premières tendances de reprise. Car bien sûr, depuis la dernière visite de la ministre, tout a changé : la pandémie est passée par là, et c’est une destination restée très longtemps fermée qu’il faut relancer, dans un contexte concurrentiel très vif. Et ce alors que l’industrie du tourisme doit faire face à de nouveaux défis.

Alors comment se passe la reprise ? « C’est très graduel, les frontières ont rouvert le 7 septembre dernier, ça progresse bien, détaille la ministre. Dans le contexte actuel on parle d’une reprise de 60% et les perspectives d’arrivées de touristes internationaux pour les six prochains mois sont à la hausse. » Les indicateurs semblent très positifs sur le marché français, première destination outre-mer pour le Québec. « Ce qui est vraiment extraordinaire et qui renforce l’esprit de cette mission et de nos liens commerciaux, culturels avec notre premier marché outre-mer, c’est que dans les six prochains mois, pour les Français qui comptent se déplacer en Amérique du Nord, Québec est en première position, devant New York et Mexico, affirme Caroline Proulx. Nous avons donc eu raison de choisir l’industrie touristique pour cette première mission commerciale hors du Québec, à la lumière des chiffres qui nous parviennent aujourd’hui. »

En 2018, le Québec avait accueilli au total 370 000 Français. Sur les huit premiers mois de l’année de 2019, désormais année de référence, les entrées de touristes français étaient en progression de 12,5%. La France est un marché stratégique à plus d’un titre pour le Québec : à elle seule, elle représentait en effet près de 50% des dépenses touristiques outre-mer au Québec en 2019.

Pour soutenir cette relance, le Québec promet une campagne de communication massive, qui s’étendra de février à octobre dans l’Hexagone. Le Club Med Charlevoix, qui sera inauguré lundi prochain en présence du Premier ministre du Québec, de Henri Giscard d’Estaing (Club Med) et de la ministre elle-même, sera sans doute une belle vitrine pour la destination. Cette nouvelle adresse du Clud Med accueillera ses premiers clients le 3 décembre.

Une relance sous le signe de la coopération

Rencontrer de nouveaux investisseurs pour continuer de développer l’offre touristique du Québec, c’est un autre des objectifs de cette mission en France. « Oui, il y a eu des rencontres, confirme Caroline Proulx sans livrer plus de détails. Mais nous avons rencontré très largement des acteurs du milieu comme ce matin (mercredi, Nldr) avec la région Auvergne Rhône Alpes. Nous avons discuté de la façon dont nous pouvons davantage travailler ensemble, car les liaisons directes entre Lyon et Montréal reprennent le 10 décembre sur Air Canada. Nous avons parlé développement durable, tourisme responsable évidemment, nous avons partagé nos meilleures pratiques. Ce sont des échanges très enrichissants des deux côtés de l’Atlantique. »

Au point de donner à la ministre des idées qui pourraient être dupliquées au Québec ? « J’ai en tout cas envie de poursuivre des discussions avec la région Auvergne Rhône Alpes, concernant la problématique de la montagne, de la neige, les enjeux liés au changement climatique, indique la ministre. J’ai demandé au vice-président de la région de pouvoir fixer une autre rencontre pour qu’on puisse aller un peu plus loin dans cette discussion. Pour avoir comment eux abordent les enjeux de développement durable et d’enneigement dans les stations de ski. En retour, lui s’est montré intéressé d’en apprendre davantage sur la façon dont nous avons diversifié notre offre en montagne, où nous investissons beaucoup sur le quatre saisons. Il y a donc de beaux échanges à venir. » Sur des problématiques cruciales, effectivement, pour les professionnels de la montagne français.

Dans ce même esprit de coopération, plus tôt dans la semaine, Caroline Proulx a également rencontré son homologue français Jean-Baptiste Lemoyne. « Cette deuxième rencontre intervient quelques jours après la présentation du plan de national du président Emmanuel Macron pour le tourisme, rappelle Caroline Proulx. Nous avons étudié ce plan avec Jean-Baptiste Lemoyne et il y a des actions vraiment intéressantes qui m’ont été présentées. Ce qu’on voit aussi, c’est combien la France et le Québec ont travaillé sur les mêmes axes pour cette relance du tourisme, tant ici du côté de la France que du côté du Québec. Le développement durable est un axe sur lequel les deux nations vont travailler extrêmement fort, on le sent. Nos clientèles nous demandent d’avoir un développement touristique qui est est responsable et durable. Ce sont d’excellents échanges que nous avons eus avec Jean-Baptiste Lemoyne, nous avons d’excellentes relations », souligne la ministre.

1,2 milliard de dollars pour le tourisme

Le tourisme durable, un axe déjà développé par le Québec avant la pandémie, notamment via le dispositif Explore Québec, qui vise à davantage répartir les flux touristiques pour lisser la saisonnalité, et mieux répartir les recettes. Lancé en novembre 2019, Explore Québec s’est trouvé en partie court-circuité par la pandémie. « Compte tenu de la Covid, nous avons adapté le dispositif avec “Explore Québec sur la route” à travers de la forfaitisation pour les Québécois et sincèrement, certaines régions au Québec ont connu des fréquentations record, meilleures qu’en 2019, indique la ministre. Les Québécois ont été extrêmement friands de ça. »

L’heure est désormais venue de le relancer sur le marché français. « Pour ce qui est de Explore Aérien, tant pour les Québécois que pour les clientèles internationales, et j’en ai fait part hier aux voyagistes et aux grossistes, les Français qui souhaitent venir au Québec dans une deuxième, troisième aventure, pourront également aller découvrir des territoires plus éloignés, en lien avec les premières nations, détaille Caroline Proulx. Nous avons onze nations autochtones au Québec. Nous allons pouvoir également proposer aux clientèles françaises d’aller en territoire moins explorés là-bas. »

Globalement, l’offre semble avoir bien résisté pendant la crise selon la ministre. « Ça a bien fonctionné, nous avons agi extrêmement rapidement dès le début de la crise sanitaire, assure-t-elle. Nous avons d’abord sécurisé nos festivals et nos événements qui sont vraiment dans l’ADN des Québécois et qui plaît également à nos clientèles européennes et françaises. » Au total, 37 millions de dollars ont été injectés pour sauvegarder les festivals et les événements et préserver cet axe stratégique pour la destination.

« Nous avons aussi décidé d’investir, de prêter de l’argent, parfois en subventions, parfois en prêts à des taux très avantageux à l’hébergement touristique de façon très large, pour venir agrandir le parc locatif au Québec », ajoute Caroline Proulx. Une mesure qui a notamment profité à l’hébergement insolite. « J’en ai visité plusieurs ces dernières semaines, où on vit littéralement dans les arbres, dans des tipis très haut de gamme, on en a profité de ces deux dernières années pour répondre à cette demande. »

En tout, 1,2 milliard de dollars a été injecté pour s’assurer qu’il n’y avait pas une destructuration de l’offre, rapporte Caroline Proulx. Une somme fléchée vers les 50 secteurs couverts par son ministère et notamment l’hôtellerie.

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