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Emmanuel Macron : « L’heure de la relance du tourisme a sonné »

[EN DIRECT DE L’ELYSEE] Laurent Abitbol, Sébastien Bazin, Jean-François Rial, Ben Smith… 50 patrons du tourisme sont aujourd’hui à l’Elysée, en réponse à l’invitation d’Emmanuel Macron qui a partagé, avec eux, ses ambitions pour la France.

C’est une première pour le secteur. En attendant de mettre la touche finale au plan de reconquête et de transformation du tourisme, le président de la République a convié ce jeudi 4 novembre de grands patrons d’entreprises du voyage. Objectif : les encourager à parier sur la France par leurs projets et leurs investissements. 

Une « industrie des jours heureux »

« La France a toujours été une terre de tourisme », a souligné en préambule Emmanuel Macron lors de ce Sommet Destination France. « Une économie du bonheur, une industrie des jours heureux » avec des résultats historiques. 

Quelque 90 millions de touristes sont venus en 2019, un record absolu, a-t-il rappelé. Evoquant le patrimoine culturel et naturel du pays, en montagne comme sur le littoral. Le tout rehaussé d’un « art de vivre à la française ». Le pays peut aussi capitaliser sur ses « 600 restaurants étoilés (…), nos baguettes, nos croissants. (…) et une transformation profonde (vers) un tourisme plus durable. »

« Ces trésors français sont notre force », a ajouté le chef de l’Etat, enjoignant les acteurs à davantage travailler ensemble. « Le défi qui est le nôtre, c’est que notre attractivité continue de se développer et qu’avec des synergies, on arrive à transformer la destination. »

« Vous avez tenus, avec beaucoup de force »

« Nous sommes en train de traverser une crise inédite au niveau international. Les chiffres de l’OMS nous le montrent, nous n’en sommes pas sortis », malgré le taux élevé de la vaccination en France (86% des plus de 12 ans éligibles).

« Evidemment, le tourisme a été le secteur le plus impacté, un drame international pour tous vos métiers. (…) L’an passé, la France n’a pu accueillir que 40 millions de visiteurs étrangers », avec la fermeture de sites et l’annulation d’événements. « Et vous avez tenus, avec beaucoup de force et de résilience », a ajouté le chef de l’Etat à l’attention des professionnels du voyage présents à l’Elysée. « Et nous avons tenu tous ensemble. » L’Etat a de fait accompagné le secteur, pour défendre les entreprises et les emplois. Début septembre, l’enveloppe de soutien atteignait 38 milliards d’euros, entre le chômage partiel, le fonds de solidarité, les prêts garantis par l’Etat… C’est « le système le plus protecteur d’Europe. » Un plan d’investissement et de relance globale de 3 milliards d’euros a suivi, en mai dernier.

« Aujourd’hui, l’heure de la relance a sonné. » Pour Emmanuel Macron, le pass sanitaire est un levier de résilience, encore aujourd’hui, pour sortir de « cette logique binaire de l’ouverture et de la fermeture ». Mais « beaucoup reste à faire. » « Pendant la crise, on a un peu perdu attractivité. »

©Linda Lainé
©Linda Lainé

Développer un hub de transport

« On ne fera pas ce qu’on faisait avant », promet-il aussi, défendant la vertu des expériences. Autre objectif, déjà ancien pour le secteur, « améliorer la qualité du tourisme », en augmentant « le panier moyen » par visiteur. Il faut donc passer d’une approche « quantitative à qualitative », avec « des expériences plus authentiques », dotée de « la French Touch ». Avec aussi « la mise en synergie de tous les métiers », pour créer des « expériences » originales.

Emmanuel Macron parie également sur la modernisation des infrastructures pour que la France soit un vrai « hub » de transport régional et international, avec des offres plus écologiques et multimodales. « Nous voulons aussi développer les voies vertes et les voies bleues. » Le président de la République a par ailleurs évoqué la nécessaire montée en gamme de l’hôtellerie et de la restauration. « Nous avons un énorme défi de modernisation », a-t-il ajouté, en citant l’exemple de la ville de Lourdes. « Nous avons des trésors en Outre-mer. Et quand on se compare avec certains voisins, nous ne sommes pas au niveau. » Selon lui, les acteurs publics – comme la Caisse des dépôts – et les acteurs privés doivent travailler de concert à ce chapitre.

Avant la crise, le secteur du tourisme représentait 15 milliards d’euros d’investissements par an. « Nous devons viser 20 milliards », a ajouté le chef de l’Etat pour inviter les entreprises à accélérer. Accor investit déjà dans des centrales de réservations, « bel exemple de synergies entre l’hébergement et le sport ». Emmanuel Macron a aussi cité Expedia et TripAdvisor, qui font la promotion de la destination. « Ce n’est pas assez, a-t-il ajouté. Nous devons déployer dans ce contexte une ambition renforcée. »

Une nécessaire « adaptation des cycles horaires »

A aussi été évoquée, dans tous les métiers du secteur, une pénurie de main d’œuvre. La rémunération ne doit pas être le seul levier, d’après le président. Le renforcement de l’attractivité passe par « une adaptation des cycles horaires ». Objectif : permettre une meilleure cohabitation du travail et de la vie personnelle, pour attirer les jeunes et les fidéliser.

© Linda Lainé

Autre vœu formulé ce midi : positionner la France comme la première destination de tourisme durable, à l’horizon 2030. Avec notamment des circuits courts. Le tourisme représente 11% des émissions de gaz à effet de serre, a-t-il été rappelé.

« Enfin, nous ferons de l’innovation et du numérique des leviers. » Cette crise a permis d’accélérer la numérisation des TPE et des PME, un mouvement que le gouvernement souhaite se poursuivre.

Cet après-midi, les patrons du tourisme se retrouveront à l’hôtel de la Marine, place de la Concorde. Objectif : participer des tables rondes sous l’égide du secrétaire d’Etat au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne. Les thèmes abordés vont de l’attractivité de la France, aux investissements et à l’emploi, en passant par la transformation de l’offre touristique. 

Un plan de reconquête dévoilé mi-novembre

Toutes les réflexions de la journée de jeudi pourront « nourrir » le plan de reconquête et de transformation du tourisme auquel le gouvernement met la dernière main. C’est le Premier ministre qui le présentera « à la mi-novembre », a précisé Emmanuel Macron.

Au mois de juin, le président de la République avait annoncé un plan de reconquête et d’investissement dans le tourisme à horizon de 5 ans. Depuis, dans un esprit de co-construction, le gouvernement multiplie les consultations auprès des professionnels du secteur et des collectivités. 

Des participants ont profité du Sommet Destination France pour faire des annonces en faveur du tourisme français. Le groupe hôtelier Accor vient effectivement de dévoiler qu’il crée une centrale de réservations hôtelières pour les Jeux de Paris 2024, mais aussi une autre pour la Coupe du monde de Rugby France 2023. De son côté, Airbnb devient un mécène important de la Fondation du patrimoine, afin de participer à la sauvegarde de bâtiments historiques.

Première destination mondiale en 2019, la France espère « atteindre 50 millions de visiteurs étrangers » en 2021, nous avait confié Jean-Baptiste Lemoyne au début du mois de juillet. 

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