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Pablo Landrau (Binter) : « Nous rentrons dans une phase de consolidation »

Binter est la compagnie régionale des Canaries. Depuis quelques temps elle se développe en moyen-courrier. Italie, Espagne, Portugal mais aussi la France avec l’ouverture de trois lignes directes. Nous avons rencontré Pablo Landrau, le Directeur du développement.

L’Echo Touristique : Binter est une compagnie régionale des Canaries peu connue sur le marché français. Pouvez-vous la présenter ?

Pablo Landrau, Directeur du développement Binter : Binter est une compagnie régionale des Canaries créée en 1988 par Iberia mais détenue désormais par des investisseurs canariens. Elle a toujours fait des vols régionaux. Nous proposons 170 vols par jour vers les îles de l’atoll, et c’est là que nous réalisons l’essentiel de notre volume. Mais désormais nous nous développons un peu partout en Europe.

Justement, avant d’évoquer vos nouvelles ambitions, parlez-nous de la crise. Comment avez-vous survécu ?

Comme pour toutes les compagnies nous avons très vite été très affectés. Dès le début de la pandémie nous avons dû stopper nos liaisons internationales. Mais nous avons maintenu nos vols inter-îles. Nous avions alors dix fois moins de passagers dans nos avions (vs 2019).

Puis, pendant l’été, nous étions à 40% de passagers par rapport à 2019. Le tourisme a repris lentement à la fin de l’été et nous sommes progressivement remonté à 70%. Nous avons alors cru que nous  étions sorti de la crise. Mais le virus est revenu en fin d’année et nous sommes retombés à nouveau à 35-40% de passagers (vs 2019). Ça a été dur. Mais nous avons continué de croire à nos plans de développement à l’international. Notamment en France et en Italie. Pour l’été, nous visons désormais 70% de ce que nous avons fait à l’été 2019. Nous avons la chance d’avoir des propriétaires qui ont supporté la structure jusqu’au bout car ils ont toujours cru que la situation était transitoire. Il n’y a pas eu de suppression d’emplois.

Le 2 juillet prochain, Binter ouvrira donc trois liaisons directes entre la France et les Canaries. Pourquoi avoir choisi Marseille, Toulouse et Lille ?

Il faut d’abord rappeler que les Canaries n’ont pas été très touchées par la pandémie. C’est une destination « soleil-plage » européenne. Ce qui est un avantage par rapport à l’international encore très impacté. Au moment de se développer à l’international, nous savions qu’il y a un volume touristique certain. Les Canaries ont accueilli 16 millions de touristes en 2019. Mais les pays émetteurs les plus importants sont la Grande-Bretagne, l’Allemagne et les pays nordiques

En France, ces dernières années, cela augmente grâce au tour-opérateur et les agences. Mais il reste une marge de progression. Quand nous avons analysé le marché français, nous voulions des villes où il n’y avait pas de concurrence avec des vols directs comme nous (voir le détail des vols ici). Nous savions que ce sont des villes où il y a un attrait pour notre destination. Nous ne sommes pas en saisonnier, nous volons toute l’année. Il fait 24 degré toute l’année aux Canaries. Si l’été nous avons beaucoup de concurrents nous en avons beaucoup moins l’hiver…

Pouvez-vous nous parler de votre produit ?

Nous ne sommes pas une low cost, nous avons un produit de qualité avec un repas gratuit et de l’espace pour les clients (la compagnie a opté pour des cabines de 132 sièges au lieu de 150 NDLR). Pour les vols autres vols internationaux, notamment la France, la compagnie possède 5 Embraer E-195 tout neufs. Pour les vols régionaux (ainsi que Madère et le Maroc), la compagnie possède 20 ATR 72, le dernier modèle. Les ATR volent également vers le Maroc et Funchal à Madère. Tous les vols sont en connexions vers d’autres îles car nous avons des vols quasiment toutes les 30 minutes. Les connexions inter-îles sont gratuites si les passagers prennent un vol directement à leur arrivée à Gran Canarie. L’offre ne s’applique pas si les passagers sont en stop over. Les passagers peuvent séjourner sur deux îles en ne payant qu’un seul billet. Les « frais » de modifications ne sont toujours pas appliqués et ce jusque la crise soit totalement terminée au moins.

Quelles sont vos perspectives pour l’avenir ?

Nous rentrons dans une phase de consolidation. Nous allons observer nos produits. Si nous voyons qu’ils fonctionnent bien, les projets d’expansion des propriétaires continueront. Par ailleurs, nous avons repris les vols vers Agadir, le Sénégal et la Mauritanie depuis les Canaries. Et nous souhaitons reprendre très vite la Gambie et le Cap Vert. A terme, nous imaginons permettre des Lille-Dakar via les Canaries.

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