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Alexandre de Juniac lâche les commandes d’Air France-KLM

 » Après trois ans de mandat et deux plans de restructuration, Alexandre de Juniac abandonne la présidence d’Air France-KLM pour prendre la tête de l’Association internationale du transport aérien (IATA). Le groupe doit lui trouver un successeur avant le 1

carnet de l'entreprise

C’est un départ surprise. A 53 ans, Alexandre de Juniac, le président-directeur général d’Air France-KLM, quittera le groupe franco-néerlandais cet été afin de prendre la direction générale de l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA).

A la recherche du successeur idéal

Il a informé le conseil d'administration de la compagnie "de la proposition qui lui a été faite ce mardi 5 avril 2016 par le Conseil des gouverneurs de l'IATA de devenir [son] prochain directeur général", a indiqué Air France-KLM, ce mardi 5 avril, dans un communiqué. L'Iassociation tiendra son assemblée générale du 1er au 3 juin 2016 avec l'objectif d'une prise de fonction d’Alexandre de Juniac "au plus tard au 1er août 2016".

Le compte à rebours est donc lancé pour le Conseil d’administration du groupe aérien qui doit lui trouver un remplaçant. La préparation d’un plan de succession a d’ailleurs été engagée avec l'appui d'un cabinet international de recrutement "afin d'identifier le meilleur dirigeant à même de poursuivre la consolidation et le développement du groupe". Parmi les noms qui circulent figurent Guillaume Pepy, président de la SNCF, Fabrice Brégier, PDG d’Airbus, ou encore Florence Parly, ancienne cadre dirigeante d’Air France aujourd’hui directrice générale de SNCF Voyageurs.

Tensions sociales et retour aux bénéfices

Ancien directeur de cabinet de Christine Lagarde à l’Economie, Alexandre de Juniac était arrivé en 2011 d’abord à la tête d’Air France, puis aux commandes du groupe en juillet 2013 après le départ de Jean-Cyril Spinetta. Son mandat avait été renouvelé en mai 2015 malgré de fortes tensions sur le plan social, notamment avec les pilotes.

Sous sa houlette, la compagnie franco-néerlandaise a renoué avec les profits, une première depuis 2008. Un redressement obtenu au prix de lourds efforts. En trois ans, deux plans de restructuration ont été engagés : "Transform 2015", lancé en 2012, qui s’est soldé par la suppression de 5500 postes, puis "Perform 2020" qui avait entraîné de vives tensions sociales trouvant leur apogée en octobre 2015 avec l’épisode de la "chemise arrachée". Alors qu’il devait entrer en vigueur en janvier, le dernier plan d'économies est toujours en cours de négociation.

Un groupe toujours fragile

"Lorsque j'ai été nommé, le conseil d'administration d'Air France m'a dit qu'il fallait ramener l'entreprise à l'équilibre et la désendetter. Je l'ai fait […] On a fait avec les salariés du groupe des progrès énormes. On a remis la compagnie dans le vert, on a un service qui compte parmi les meilleurs du monde", a déclaré Alexandre de Juniac ce mercredi 6 avril au micro d’RTL. "Ce qu'on a démontré depuis quatre ans, c'est que cette maison est réformable", a-t-il poursuivi.

Il estime que le futur du groupe doit s’écrire avec sa filiale low cost Transavia, celle-là même qui avait provoqué une grève historique des pilotes d’Air France en septembre 2014 avec un impact financier négatif de 440 millions d'euros.

C’est un groupe en meilleure santé mais toujours fragile qu’Alexandre de Juniac s’apprête à quitter. Air France-KLM ne parvient pas à combler son écart de compétitivité avec d’autres compagnies historiques comme Lufthansa ou British Airways. Elle reste par ailleurs prise en étau entre la concurrence des compagnies du Golfe sur le long-courrier et celle des low cost en Europe. 

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