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Agadir se prépare à la concurrence

Face à l’arrivée de six nouvelles stations balnéaires au Maroc, la ville s’est lancée dans un programme de travaux et de réhabilitation de son offre. Au risque de se mettre à dos certains opérateurs historiques qui ont fait son succès.

Ce n’est encore qu’un terrain vague qui longe l’Atlantique sur 6 km. Mais dès 2009, le site se couvrira de 20 000 lits. Taghazout, à 15 km au nord d’Agadir, est l’une des six stations balnéaires que le Maroc construit actuellement. Elle aura un positionnement résolument haut de gamme. Parmi les premiers hôteliers, on annonce Four Seasons et Raffles. De quoi faire de l’ombre à sa voisine Agadir. Deuxième pôle touristique du royaume chérifien (2 millions de touristes par an, dont 70 % de Français), la ville s’est lancée du coup dans un plan de redéfinition de son offre. Depuis 2004, nous avons engagé une réflexion autour du marketing, du développement urbain et des animations. Agadir est coincée entre la mer et la montagne, on ne peut pas accroître le nombre de touristes indéfiniment. Il nous faut donc augmenter la dépense par visiteur en tirant la station par le haut, précise Rachid Filali, wali (l’équivalent de notre préfet) de la région.

Il s’agit tout d’abord de donner à Agadir une image plus jeune, afin d’attirer les 18/25 ans. A ce titre, l’aménagement d’une zone d’animations d’ici 2010 (restaurants, discothèques…) dans le quartier de Founty (au sud de la ville) a été décidé. Il faut aussi faire sortir les clients de leurs hôtels et contourner le système du tout inclus, qui est dangereux. Le all inclusive ne doit pas dépasser 25 % de notre offre, poursuit Rachid Filali. De quoi irriter certains TO, qui dénoncent l’amalgame. Si les clients ne trouvent plus de forfaits tout inclus, ils choisiront une autre destination, ailleurs qu’au Maroc, estime l’un d’eux.

Agadir s’est aussi lancée dans un programme de grands travaux et veut se donner une identité qui lui fait défaut depuis qu’elle fut rasée par un tremblement de terre dans les années 60. Une identité axée sur la plage et la fête. Il faut combattre la vision ghetto du tourisme. C’est toute la ville qui doit être touristique, et pas seulement une zone. Ce qui passe par des aménagements harmonieux, explique Tarik Kabbage, président du conseil communal. 100 ME vont être investis, notamment pour l’aménagement de promenades en centre-ville, l’installation d’un nouveau mobilier urbain ou le développement des transports. Une marina, avec 350 anneaux, est aussi inaugurée ce mois-ci. Elle sera reliée à la future zone d’animations par une corniche piétonne en bord de mer de 5,5 km de long (achèvement en 2009). Sa construction n’est toutefois pas sans poser quelques désagréments, avec les allers-retours incessants des camions. Fini aussi l’accès direct des hôtels à la plage. Un coup dur pour les établissements installés les pieds dans l’eau, comme le Club Med ou l’Amadil Beach (revendu par Marmara).

Les investisseurs séduits

Mais ce programme semble séduire de nouveaux investisseurs. Ainsi, cinq hôtels 5b sont annoncés. Après le Palm Beach inauguré cet été, un Kempinski, un Robinson (TUI) et un second Sofitel doté d’une thalasso verront le jour en 2008. Ils viendront compléter le Tikida (54 suites), qui a ouvert près du golf fin 2006. En deux ans, le prix moyen d’une chambre au Sofitel a doublé et nous prévoyons un taux d’occupation de 80 à 85 % cette année, contre 75 % en 2006, se félicite Hamid Bantahar, DG. En installant une discothèque tendance dans son établissement, il profite déjà de cette montée en gamme. Pour sa part, Royal Air Maroc a introduit sa nouvelle classe affaires sur les vols Paris-Agadir pour accompagner ce repositionnement. Suffira-t-il à contrer Taghazout ? Réponse dans trois ans…

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