Transport & Environment (T&E) publiait ce jeudi une étude remettant au centre du débat une idée "reçue", selon l'organisation : l’augmentation du nombre de passagers n’est pas, en soi, un moteur assuré de croissance économique – contrairement à ce qu’affirme régulièrement le lobby du secteur aérien. Selon les auteurs, la causalité alléguée entre trafic et PIB est au mieux fortuite, au pire trompeuse. Et les effets d’entraînement sont limités, tardifs, voire captés ailleurs que sur le territoire d’accueil. La valeur créée se diffuse de façon inégale entre compagnies, hubs, plateformes concurrentes et destinations finales, tandis que les coûts externes – climat, bruit, congestion – restent localisés.
Trois conditions
Dans plusieurs régions, la promesse d’attractivité accrue via des extensions aéroportuaires se traduit, selon les lobbies aériens, par des revenus additionnels nets. Selo l’étude, l’équation économique dépend toutefois d’au moins trois conditions rarement réunies simultanément : une connectivité réellement différentielle pour les acteurs locaux (et non un simple déplacement de flux), un panier de dépenses qui bénéficie durablement au territoire, et une capacité d’absorption des externalités sans dégrader l’expérience touristique. Sur le plan climatique, l’étude conclut que plusieurs projets d’extension d’aéroports en France pourait entraîner 32% d'émissions de CO2 supplémentaires.
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