À Prague, une tour de livres devenue virale attire des foules de touristes
Une tour de livres censée symboliser l’infinité de l’apprentissage est devenue un aimant à selfies dans le hall de la bibliothèque de Prague, où l’imposant cylindre de 8 000 ouvrages attire des centaines de touristes chaque jour.
L’installation de l’artiste slovaque Matej Kren, baptisée « Idiom », consiste en une pile cylindrique de livres, avec une entrée en forme de larme et des miroirs à chaque extrémité, créant l’impression d’un tunnel sans fin. La bibliothèque municipale de Prague (République tchèque) a installée l’œuvre dans son hall d’entrée en 1998. Mais ce n’est qu’il y a trois ans qu’elle a commencé à devenir virale sur les réseaux sociaux.
« Je l’ai vue et moi aussi je la voulais en photo », souffle le touriste thaïlandais Pattapol Thongsaard après avoir patienté pendant une heure avec cent autres personnes, en partie dans la rue. La porte-parole de la bibliothèque, Lenka Hanzlikova, confirme qu’aux périodes de pointe, comme Noël et Pâques, « Idiom » attire environ 1 000 touristes par jour en raison des « algorithmes de TikTok » qui l’ont mis en valeur dans ses contenus fin 2022.
Vers un accès payant ?
« Nous allons devoir gérer cela d’une manière ou d’une autre, car faire face à cette foule de touristes n’a rien à voir avec notre mission de base », souligne-t-elle. « La plupart des lecteurs en rient et trouvent juste la situation étrange. Mais nous avons eu des personnes qui ont pris la file de touristes pour celle où ils devaient rendre les livres », explique-t-elle.
La bibliothèque a réservé l’une de ses cinq entrées aux touristes, et elle envisage de faire payer un droit d’accès et d’employer des agents pour encadrer la foule. Interrogé sur ce succès inattendu, l’artiste se dit très surpris. Avant de le vendre à la bibliothèque de Prague, il avait exposé « Idiom » dans plusieurs villes du monde, utilisant à chaque fois des livres mis au rebut localement.
« C’était très intéressant, mais cela ne valait pas l’attente »
Son œuvre est également apparue en couverture du magazine Science et dans les guides Lonely Planet, mais « rien à voir » avec la frénésie actuelle, dit Matej Kren. « Je pensais qu’elle tomberait dans l’oubli, je n’avais aucune intention de créer une attraction touristique », ajoute-t-il.
Ghazal Nour, une Iranienne vivant en Italie, qui a patienté une demi-heure pour voir sa tour, la trouve « magnifique », tout en estimant l’engouement exagéré. « C’était très intéressant, mais cela ne valait pas l’attente ni le froid que nous avons endurés ». Mais la story a été publiée…