Voyage d’affaires : le malaise s’installe
En seulement quelques mois, la crise a touché de plein fouet le secteur. Les entreprises revoient drastiquement leur politique voyage,les réseaux enregistrent une forte baisse d’activité.
La crise financière s’abat sur les entreprises et par conséquent sur les réseaux d’affaires. Le phénomène prend de l’ampleur au fil des mois. La dernière étude de l’Association française des travel managers (AFTM), réalisée fin 2008, n’était pas encore alarmiste. Les 110 membres de l’association affirmaient alors « ne pas percevoir encore de trop fortes répercussions sur l’organisation des voyages d’affaires au sein de leur entreprise ». Seuls 23 % confirmaient avoir supprimé très fortement le nombre de déplacements professionnels. « Des données provisoires susceptibles d’évoluer ces prochains mois », précisait déjà Michel Dieleman, président de l’AFTM. Et il a fallu peu de temps pour lui donner raison. En témoignent les résultats de l’enquête menée par l’association ACTE (Association of Corporate Travel Executives), qui a interrogé 329 travel managers, dont le quart est originaire de France. Alors qu’en septembre dernier, 33 % des professionnels interrogés indiquaient qu’ils dépenseraient moins en voyage en 2009, ils sont, depuis quelques jours, 71 % à répondre en ce sens. Cette baisse d’investissement se répercute inévitablement sur l’activité des réseaux de voyages d’affaires. Carlson Wagonlit Travel, pourtant numéro un, n’échappe pas à la règle et fait état d’une chute de 20 % depuis début janvier. Une baisse d’activité qui touche aussi les fournisseurs. Selon une étude de l’agence spécialisée dans les voyages d’affaires HRG, la durée de séjours est passée de 1,9 nuit en 2007 à 1,5 nuit en 2008. D’autre part, pour réduire leurs dépenses, les entreprises renégocient leurs contrats avec les hôteliers, les compagnies aériennes, les loueurs de voitures et privilégient des hôtels et des classes aériennes plus économiques.