Vers des réponses durables ?
Les principaux acteurs de l’industrie du tourisme déploient des stratégies de groupe pour modifier leurs activités en interne et influer sur le comportement de leurs fournisseurs.
La huitième Semaine du développement durable débute le 1er avril. Si peu d’entreprises du monde du tourisme communiquent à cette occasion, nombre de tour-opérateurs mettent en avant, tout au long de l’année, des initiatives pour un tourisme plus responsable. Pourtant, de nombreux problèmes demeurent : impact sur les ressources naturelles, contribution au changement climatique, conditions de travail… Quelles stratégies les entreprises du secteur privilégient-elles pour y faire face ?
« Étant donné la complexité du sujet, la première étape est d’établir un plan d’action », explique Agnès Weill, directrice en charge du développement durable au Club Med. De fait, de plus en plus de grandes entreprises comme TUI ou Kuoni, mettent en place des politiques de groupe avec des directions dédiées. « Nous avons identifié trois leviers, explique Patrice Caradec, directeur général de Vacances Transat France. Le premier, et le plus facile, est d’agir sur notre activité en interne. Nous avons aussi entrepris des démarches pour que nos partenaires s’engagent. Enfin, nous misons sur la sensibilisation de nos clients. »
Pour suivre les effets de ces stratégies, la réalisation d’un écobilan tend à se généraliser. Ce tableau de bord comprend des indicateurs, comme la consommation d’énergie ou d’eau, et permet de fixer des objectifs. Pour ce qui est du papier, par exemple, Vacances Transat a identifié plusieurs pistes d’amélioration et s’est engagé à n’utiliser que du papier recyclé d’ici à 2012 en Europe. Le Club Med, qui a mis en place un système de reporting et de gestion dans chacun de ses clubs, a obtenu plusieurs labels exigeants, comme le Green Globe, et espère aboutir à la certification de ses établissements dans les prochaines années. Enfin, certains voyagistes se préparent à l’obligation d’effectuer un bilan carbone, une mesure qui doit entrer en vigueur en 2012.
Les tour-opérateurs, peuvent aussi agir auprès de leurs fournisseurs. Kuoni et d’autres mettent en place un système d’accompagnement et de certification maison des hôteliers, baptisé TravelLife. Dans ce but, des centaines d’établissements vont être audités. « Les labels peuvent coûter cher, et sont compliqués à obtenir. Notre système permet d’engager facilement les hôtels dans des démarches de progrès », explique Lidia Mele, directrice qualité en charge du développement durable chez Kuoni. D’autres, comme Pierre et Vacances, mettent en avant dans leurs catalogues des offres écologiques. Nouvelles Frontières, avec ses circuits Nouvelles Rencontres, ou Fram, qui compte ouvrir de nouveaux Framissima Nature, orientent une partie de leurs investissements vers le développement durable.
UN TRAVAIL DE PÉDAGOGIE AUPRÈS DU CLIENT FINAL
Mais la construction de séjours ou de circuits durables reste compliquée, et l’offre marginale. Un des freins au développement de ces produits est la difficulté de transformer l’existant. La rénovation des hôtels est onéreuse et dans certaines zones déjà dégradées par la surfréquentation touristique, il est difficile de faire du tourisme responsable. Quant à la faible demande – moins de 4 % des Français ont déjà consommé un produit touristique durable – elle n’encourage pas les entreprises à changer. Même la clientèle des voyagistes labélisés Agir pour un tourisme responsable (ATR) choisit ses vacances en fonction de la destination et du prix, devant les critères de développement durable. Il faut donc faire preuve de pédagogie, expliquent plusieurs voyagistes, sensibiliser les clients et leur apporter des garanties. « Une des stratégies d’avenir sera de lier durable et désirable », ajoute Agnès Weill, du Club Med.
Elles veulent réduire le nombre de brochures non distribuées
%%HORSTEXTE:1%%%%HORSTEXTE:2%%%%HORSTEXTE:3%%