Une pluie de VDM sauve l’été
Nous les avions laissés fin juin pétris d’incertitudes. Deux mois plus tard, après un été pourri en France, producteurs et distributeurs soufflent un peu. Les ventes de dernières minutes ont sauvé les vacances… mais pas l’année.
Les TO et les réseaux craignaient la catastrophe sans espérer le miracle. Ils n’auront eu ni l’une, ni l’autre. Au sortir de l’été, les voilà donc… soulagés. « Le bilan est somme toute convenable, on finit beaucoup moins mal qu’on avait commencé », résume Cyril Cousin, directeur commercial de Look Voyages. Fin juin, à quelques jours du début des vacances scolaires, nous les avions laissés sans certitude, à une exception près : les destinations du nord de la Méditerranée, de l’Espagne à la Turquie, en passant par la Grèce, la Crète ou la Sardaigne, allaient faire le plein. « La tendance s’est confirmée, et nous avons atteint sur ces destinations des taux de remplissages proches de 100 %, voire supérieurs, commente René Thibaut, directeur commercial de Marmara.
Avec, en outre, un « effet double peine » positif, puisque les prix n’ont pas été dégradés sur ces destinations et nous avons vendus aux tarifs brochure. » La grande inquiétude, c’était la Tunisie, poids lourd traditionnel de l’été, vers laquelle tout le monde enregistrait encore, à la fin du printemps, des retards de réservations d’environ 50 % par rapport à l’an dernier. Il aura en fait fallu attendre le dernier moment, à partir de mi-juin, pour voir les rythmes de bookings s’accélérer. En quelques jours, la destination est même revenue dans le top des ventes. « Jusqu’à mi-juillet, on a fait des journées à +7 %, +10 % et même parfois +30 % par rapport à l’an dernier sur la Tunisie », reprend René Thibaut. Chez Thomas Cook, les réservations pour des départs à moins de 30 jours ont bondi, par rapport à l’an dernier, de 60 % vers la Tunisie et de 30 % vers le Maroc. Idem chez Look, qui a enregistré jusqu’à 200 dossiers par jour pour des départs le week-end suivant. De l’ultra-dernière minute stimulée non seulement par le mauvais temps en France, mais aussi par l’absence progressive de disponibilités dans d’autres destinations méditerranéennes et surtout par des campagnes de promotion agressives de certains TO. Résultat : les professionnels terminent juillet et août à peu près à l’étale en volumes de clients tout comme en chiffre d’affaires. « Notre nombre de clients est légèrement en baisse, à -3 %, mais nous avons progressé de +1 % en CA grâce à un prix moyen en hausse, les destinations comme les Baléares, les Canaries, la Sardaigne ou encore Corfou étant plus chères que la Tunisie », analyse Bernard Boisson, DG de E.Leclerc Voyages. Mais si les deux mois de vacances scolaires ont été à peu près sauvés, « le retard cumulé depuis le début de l’année ne sera pas rattrapé pour autant et c’est sûr que le bilan global ne sera pas positif », estime Georges Colson, président du Snav, résumant l’avis général.
Les bons volumes de l’été auront donc permis aux professionnels de ne pas plonger davantage, mais sans leur donner la possibilité de combler les pertes financières accumulées au printemps. L’automne et l’hiver permettront-ils de faire mieux ? Si les ventes vers l’Égypte, dont la haute saison commence dans quelques semaines, ne montrent pour l’instant aucun signe de redémarrage, le long courrier semble en revanche plus dynamique. « La reprise continue, assure Jean-Pierre Mas, le co-président d’AS Voyages. Les agences engrangent actuellement de beaux dossiers pour l’hiver. Et la crise boursière n’a pas de répercussions sur les ventes. » Pourvu que ça dure…
De l’ultra-dernière minute stimulée par le mauvais temps.
Les campings s’avèrent les plus pénalisés.
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