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Tracking volontaire

En matière de sécurité, le principe de précaution, tel qu'il prévaut aujourd'hui en France, aurait-il du plomb dans l'aile ? De l'alimentation à l'écologie, en passant par la politique de santé publique, des voix se font entendre pour en dénoncer le caractère discriminant, perçu comme un frein supplémentaire en termes d'innovation

Ainsi, précaution est devenue synonyme de frilosité et d'atermoiements inutiles, jugés malvenus en période de crise économique. Le principe de précaution, perçu comme un principe d'interdiction, serait donc liberticide. Ce genre de discours, qui schématiquement revient à dire "tentons le coup, on verra bien après" et que l'on entend, par exemple, à propos de l'exploitation du gaz de schiste en France, imaginons un instant qu'on le transpose dans l'industrie du tourisme.

Que le gouvernement n'émette pas de réserves à ce que les professionnels envoient des voyageurs dans des zones potentiellement dangereuses, en pariant sur un risque qui n'est pas inéluctable. Ce scénario paraît évidemment impensable. Reste après la question pleine et entière de la bonne évaluation des risques et de l'information efficiente et rapide. Aussi, alors que beaucoup se demandent encore à quoi servent concrètement les Big Data et les objets connectés, à part se donner un vernis early adopters, il est évident que l'une des exploitations les plus certaines sera à court terme la sécurité des voyageurs. La question se pose déjà et fait débat notamment dans le voyage d'affaires, où l'on veut bien parler de géolocalisation mais pas de tracking.

Pourtant, ce n'est ni le site du Quai d'Orsay ni celui du Seto qui demain nous informera le mieux sur la dangerosité d'une destination, mais plutôt les GAFAM* qui savent exploiter des milliards de données en temps réel et dans le monde entier. Si l'inscription sur Ariane est une bonne chose, Facebook sait mieux que le Quai d'Orsay où vous êtes actuellement sur la planète. Parions donc plutôt sur les Google Glass ou autres Apple Watch pour nous alerter en temps réel d'un danger ou d'une situation à risques, avec votre consentement concernant la divulgation de vos données personnelles.

* (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft)

"Si l'inscription sur Ariane est une bonne chose, Facebook sait mieux que le Quai d'Orsay où vous êtes actuellement sur la planète".

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