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Suppression de deux jours fériés : les réactions du secteur touristique

Ce mardi, François Bayrou proposait supprimer deux jours fériés, afin de réduire le déficit public de la France. Tantôt virulentes, tantôt tempérées, les réactions du secteur touristique ne se sont pas faites attendre.

En proposant ce mardi de supprimer deux jours fériés pour alléger le déficit public, François Bayrou a provoqué des réactions immédiates dans le secteur touristique, partagées entre modération et virulence.

Le Groupement des hôtelleries et restaurations de France (GHR), représentant 15 000 établissements, a vivement critiqué la suppression de deux jours fériés envisagée par le Premier ministre. Dans un communiqué, le GHR « s’oppose fermement à cette décision, qui touche de plein fouet un secteur qui travaille précisément ces jours ». Ces deux jours fériés « représentent un surcroît moyen de +25% de chiffre d’affaires dans la restauration, et génèrent jusqu’à 200 millions d’euros de recettes globales », complète l’organisation.

« C’est l’assurance d’accueillir moins de clients »

Dans le cadre des mesures drastiques présentées pour réduire le déficit public et faire 43,8 milliards d’euros d’économies en 2026, le chef du gouvernement a proposé la suppression de deux jours fériés. François Bayrou a cité comme exemples le « lundi de Pâques » et « le 8-Mai » tout en se disant « prêt à en accepter ou en examiner d’autres ». « Pour les cafés, les hôtels et les restaurants, ce ne sont pas des jours chômés, mais bien des journées clés d’activité et de fréquentation (tourisme, week-ends prolongés, repas familiaux…) », écrit le GHR.

« La suppression de deux jours fériés, c’est l’assurance d’accueillir moins de clients », déplore sa présidente, Catherine Quérard. Son organisation souhaite désormais « qu’une concertation soit engagée immédiatement avec les branches professionnelles » et que les « spécificités » des entreprises de son secteur soient prises en compte.

Pour Jean-Virgile Crance, le président de la Confédération des acteurs du tourisme (Cat), « la mesure annoncée hier par le Premier ministre concerne des jours fériés qui donnent le tempo de l’été à venir, ce n’est pas acceptable. Si on réduit le nombre de possibilités d’activités touristiques dans le temps, on va faire augmenter mécaniquement les prix, c’est contraire à toute la stratégie de désaisonnalisation et de gestion des flux mise en place. Nous comprenons la nécessité de contribuer à l’effort national mais il faut qu’il y ait une véritable concertation ». 

Un « effort consenti » de 4,2 milliards d’euros

L’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih) a également déploré cette décision. Invité dans la matinale de franceinfo, Brice Sannac, président de l’organisation pour l’Occitanie et les Pyrénées orientales, a déclaré : « Cet effort de deux jours fériés, pour nous professionnels du tourisme, c’est un effort consenti de 4,2 milliards d’euros ». Et d’avertir le gouvernement : « faisons attention à ne pas casser la consommation, parce que ce pays tourne grâce à [elle] ».

D’autres s’attendent toutefois à un effet plus limité. C’est notamment le cas de Laurent Abitbol, interrogé par La Tribune, qui estime que « l’intérêt national passe avant tout ». « Même si ce sera moins bon pour les ventes et pour mon métier, c’est pour le bien de la France », affirme le président de Sélectour et Havas Voyages.

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