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Crash Air India 171 : que retenir du premier rapport d’enquête ?

Un mois après le crash du vol Air India qui a couté la vie à 260 personnes, un premier rapport a été publié samedi 12 juillet. De nombreuses zones d’ombre demeurent.

Le 12 juin dernier, un Boeing 787-8 d’Air India reliant Ahmedabad à Londres s’écrasait peu après son décollage. L’accident a causé la mort de 260 personnes, dont 19 au sol. Un mois jour pour jour plus tard, le Bureau indien d’enquête sur les accidents aériens (AAIB) a publié un rapport préliminaire sur les causes potentielles du crash.

Selon l’analyse de l’enregistreur de vol, les deux réacteurs du Boeing ont subi une perte simultanée de puissance due à une interruption de l’alimentation en kérosène, survenue quelques instants à peine après le décollage.

Cette coupure aurait été provoquée par l’activation – ou la désactivation accidentelle – des interrupteurs d’alimentation en carburant. Sans puissance moteur, le Boeing n’a eu aucune chance de reprendre de l’altitude. Il s’est écrasé sur un quartier résidentiel à proximité de l’aéroport.

Des dispositifs déjà pointés du doigt par le passé

Les conversations du cockpit, captées par l’enregistreur audio, révèlent un échange entre les deux pilotes sur ce sujet. L’un d’eux demande à l’autre pourquoi l’alimentation en carburant a été coupée. Ce dernier nie avoir enclenché les interrupteurs.

Ce n’est pas la première fois que les interrupteurs de contrôle du carburant sur les Boeing font l’objet d’une surveillance. En 2018, l’Administration fédérale de l’aviation américaine (FAA) avait publié une recommandation signalant des risques liés au désengagement du verrouillage de ces interrupteurs sur plusieurs modèles. Parmi lesquels le Boeing 787.

À l’époque, Air India n’avait pas procédé à une inspection de ses appareils, arguant que cette note n’était pas contraignante mais simplement incitative.

Inspection générale et colère des pilotes

La Direction générale de l’aviation civile indienne n’a pas tardé à réagir au contenu du rapport préliminaire : elle a ordonné immédiatement l’inspection des interrupteurs d’alimentation de carburant sur tous les Boeing 787 et 737 opérant en Inde.

Une mesure conservatoire destinée à prévenir tout événement similaire. D’autant plus que plusieurs compagnies aériennes, en Inde comme à l’étranger, avaient déjà lancé des vérifications internes à la suite des premiers échos de l’enquête.

La publication du rapport a provoqué l’ire des syndicats de pilotes. Ils dénoncent une tentative de faire porter la responsabilité de l’incident sur l’équipage. Deux grandes associations professionnelles de pilotes de ligne ont officiellement rejeté l’interprétation préliminaire du rapport. Selon elles, aucune preuve ne permet d’incriminer une erreur humaine. Elles appellent à ne pas tirer de conclusions hâtives tant que l’enquête n’a pas abouti.

Le PDG d’Air India, Campbell Wilson, s’est lui aussi exprimé dans une lettre interne adressée au personnel. Il y appelle à la prudence dans les commentaires, avertissant que « toute conclusion prématurée serait non seulement injuste, mais contraire aux principes fondamentaux d’une enquête rigoureuse et impartiale ».

Pour l’heure, le rapport de l’AAIB ne tranche pas clairement entre erreur humaine, bug technique, défaut de fabrication ou problème de maintenance. L’hypothèse d’une défaillance du système reste à l’étude. Un dispositif censé protéger contre toute manipulation accidentelle a pu se désactiver sans que les pilotes en aient conscience.

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