Ryanair : Michael O’Leary envisage de passer la main à un successeur « plus gentil » d’ici 2035
Le directeur général de Ryanair, Michael O’Leary, a confié dans une interview au Financial Times qu’il envisageait de quitter la compagnie d’ici 2035.
Ryanair « se porterait mieux sans quelqu’un qui passe son temps à crier, à jurer et à mettre le feu aux poudres », concède Michael O’Leary. Le directeur général de la compagnie a confié, dans une interview au Financial Times, qu’il prévoyait de passer la main à un potentiel successeur d’ici 2035.
Son mandat à la tête de la compagnie low-cost arrivera à échéance en 2028, mais il est déjà en pourparlers pour l’étendre « trois à cinq ans ». Toutefois, une fois cette échéance dépassée, « nous approcherons de la fin », selon O’Leary. Son contrat le rend éligible à un bonus de 100 millions d’euros en 2028, s’il atteint certains objectifs. Mais le directeur ne veut pas non plus « rester jusqu’à 96 ans comme [Warren] Buffet » – une référence à l’investisseur américain, qui quitte cette année la direction du groupe Berkshire Hathaway, après 55 ans à sa tête.
Polémiste
« Me sortir du jeu au cours des cinq à dix prochaines années donnerait à Ryanair l’occasion d’être un peu plus souple et un peu plus gentille », a-t-il concédé au quotidien britannique.
Il faut dire que, depuis qu’il a accédé à la direction du groupe en 1994, O’Leary n’a pas lésiné sur les polémiques. Rien que le mois dernier, lors de la présentation des résultats financiers de la compagnie, il taxait « d’absurdes » les réglementations « inventées par les idiots du Parlement européen », et reprochait à Rachel Reeves, chancelière de L’Echiquier britannique, de vouloir « taxer à mort tout ce qui bouge. »
Michael O’Leary avait rejoint Ryanair à la fin des années 1980. C’est sous sa direction que la compagnie low-cost est devenue la première compagnie aérienne d’Europe. Elle transporte désormais plus de 200 millions de passagers par an en Europe et en Afrique du Nord.
Période de transition
Le directeur général est en grande partie responsable de la « culture » Ryanair, notamment de son obsession des coûts. Les déclarations d’O’Leary, toutes plus polémiques les unes que les autres, ont permis quelques économies sur le budget marketing de la compagnie. Et si certaines déclarations prêtent à faire rire, comme son idée de faire payer les toilettes à bord ou de faire voyager ses passagers debout, d’autres sont ouvertement racistes ou discriminantes. En 2020, O’Leary avait par exemple conseillé aux sécurités aéroportuaires de cibler les hommes musulmans célibataires, affirmant que les terroristes étaient « généralement des hommes de confession musulmane. »
Michael O’Leary affirme que Ryanair peut aujourd’hui s’appuyer sur un large vivier de successeurs potentiels. Dans un entretien accordé au quotidien britannique, il reconnaît toutefois que « la succession reste toujours un risque ». « Inutile de prétendre le contraire », ajoute le dirigeant. « Dans un monde idéal », O’Leary imagine « une période de transition » avec son successeur. Il se verrait bien rester « deux ans pour le former » après son départ.
