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Présidentielle : les propositions de la Fnam

Le secteur aérien français va mal. Avant les grandes échéances électorales d'avril et de mai, la Fnam a fait une cinquantaine de propositions aux candidats à coût nul pour les comptes publics.

A quelques semaines de l’élection présidentielle, la fédération nationale de l’aviation marchande (Fnam) a tenu une conférence de presse pour interpeller les candidats sur l’état et l’avenir du transport aérien français. "Nous tirons la sonnette d’alarme, a entamé sans concession Pascal de Izaguirre, le président de Corsair. Depuis 2000, la part de marché du pavillon français a perdu 17 points."

Il a également rappelé que le secteur aérien français avait perdu 11 000 emplois sur les cinq dernières années et que 16 000 autres étaient menacés pour les cinq prochaines.

Mettre fin au dumping social

Jean-Marc Janaillac, le PDG d’Air France-KLM, a ensuite pointé plusieurs causes. Tout d’abord "le dumping social mis en place par certaines compagnies, qui exploite les failles de la législation et qui abuse du statut de travailleur indépendant ou détaché ce qui leur permet de ne pas s’acquitter des charges sociales françaises". Mais aussi le fait que certaines compagnies, notamment du Golfe, soient directement financées par l’Etat. "Il faut que les accords aériens soient assujetties aux règles édictées par l’OMC et l’OIT."

Autre contrainte pour les compagnies françaises : les taxes. "Les charges et les coûts de production rendent les compagnies françaises moins compétitives que leur concurrentes, qui représentent la moitié de l’activité du marché français", a indiqué le PDG d’Air France. Constituées de plus de 20 taxes, redevances et prélèvements spécifiques, les charges aéronautiques représentent plus de 4,6 milliards d’euros. Les redevances pour services publics ont été multipliées par 2 en 15 ans, et les taux de cette taxe ont été augmentés de 12, 7% en 2014.

Le déficit de compétitivité du secteur estimé par la Fnam esst de 1,6 milliard d'euros.

L'Etat doit choisir 

Il faut donc que l’Etat choisisse entre deux rôles, a rappelé Jean-Marc Janaillac : "Etre un opérateur fiscal ou un régulateur d’un secteur économique stratégique."

"Il faut une stratégie volontariste de l’Etat, a martelé Alain Battisti, président de la Fnam. Le secteur aérien est essentiel pour le rayonnement de la France."

Pour cela, la Fnam a dressé une liste de 50 propositions afin de relancer le secteur, à coût nul pour les comptes publics, qu’elle a envoyée aux candidats à l’élection.

Portant sur cinq volets, l’emploi, la taxation, la stratégie, la réglementation et la concurrence, les mesures proposées visent notamment à réguler le secteur au niveau européen pour lutter contre une concurrence déloyale, promouvoir les emplois aériens basés en France et accélérer la simplification administrative pour plus de flexibilité. Il s'agit aussi de stabiliser et de baisser les charges aéronautiques, et de partager la responsabilité et les coûts de la sûreté aérienne entre l’Etat et les entreprises.