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Pour éviter la surchauffe touristique, l’île de Porquerolles fixe des jauges

L’île varoise de Porquerolles limitera cet été se fréquentation touristique à 6000 personnes par jour en prenant une série de mesures fortes, destinées à poser les bases d’un tourisme « apaisé » et durable.

C’est ce qui s’appelle être victime de son succès. L’été dernier, l’île de Porquerolles a enregistré des pic d’hyper-fréquentation, sans doute accentué par la crise sanitaire contraignant de nombreux Français à passer leurs vacances dans l’Hexagone.

« L’’affluence des visiteurs, et ce sur une vingtaine de journées, a été telle qu’il était impossible de concilier la visite touristique et la préservation de ce territoire du Parc national de Port-Cros », déplorent la Commune d’Hyères, la Métropole TPM, le Parc national de Port-Cros dans un communiqué commun. Un souvenir visiblement cuisant qui a les a poussés à mettre en place conjointement un système de régulation afin d’écrêter ces pics d’hyper-fréquentation cette année. Ainsi, entre autres mesures, le délégataire de transport public ne pourra pas transporter plus de 4000 voyageurs par jour sur la vingtaine de jours de l’été où se concentrent les pics. Les autres compagnies de bateliers desservant l’île s’engagent quant à elles dans une action concertée à limiter la jauge à 2000 personnes/jour. « Au-delà de 6000 passagers débarqués, le taux de mécontentement double et atteint un visiteur sur deux », observe la destination. Dont acte.

« La nouvelle Délégation de Service Public (DSP) de transport maritime des Îles d’Or 2021-2025 devient un acte fondateur en faveur de la régulation, qui permettra désormais d’accueillir les visiteurs dans des conditions apaisées, dans le cadre d’une vision partagée avec les habitants, les associations de Porquerolles et les commerçants », soulignent la Commune d’Hyères, la Métropole TPM et le Parc national de Port-Cros dans ce communiqué. « C’est en effet la base d’un tourisme durable qui va conduire à un équilibre raisonnable, respectueux de l’environnement, acceptable socialement et économiquement et une démarche territoriale inédite, pionnière en France et avant-gardiste à l’aune du vote de la loi dite « Climat et Résilience » qui permettra de donner tous les outils aux pouvoirs publics », poursuivent-ils.

Réservation obligatoire

Autre levier utilisé : un service de réservation obligatoire, mis en place progressivement. « La réservation est indiquée comme obligatoire, explique Fabien Vincent, le directeur adjoint de TLV, société délégataire de service public pour le transport de passagers. Ceci étant, nous sommes au début du processus, il faut que les usagers s’approprient l’outil. Pour le moment la réservation est encore possible sur place si on n’a pas atteint les 4000 voyageurs. Ça permet aux passagers d’avoir une vision globale et de rééquilibrer la fréquentation sur les autres jours de la semaine. L’enjeu c’est l’équilibre ! »

Cette première étape est aussi une phase d’expérimentation qui permettra d’instaurer des indicateurs et des procédures opérationnelles pour adapter des actions au cours de la saison estivale. Un retour d’expérience sera organisé à l’automne pour préparer la saison 2022.

Protéger l’écosystème

Le parc envisage par ailleurs l’aménagement sous 18 mois d’une zone de mouillage respectueuse des posidonies, plante endémique de Méditerranée indispensable à l’écosystème marin. « De nuit on a pu y observer plus de 500 bateaux au mouillage devant les plages : un véritable village flottant avec un impact sur la mer important : déchets, eaux noires et grises… », regrette la destination.

Il y a quelques mois, les calanques de Marseille avaient elles aussi annoncé prendre des mesures pour limiter l’afflux touristique et ses conséquences sur l’environnement. La destination a ainsi lancé en avril une « campagne de démarketing » pour réguler la fréquentation de la destination et inciter les touristes à faire évoluer leurs habitudes.

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