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Pendant la crise, l’aéroport de Châteauroux a fonctionné à plein régime

Alors que le secteur aérien s’ est effondré pendant la crise du coronavirus, l’aéroport de Châteauroux, lui, a bien tiré son épingle du jeu.

Si la crise a globalement mis à l’arrêt l’ensemble du secteur aérien, certaines entreprises font exception. C’est le cas notamment de l’aéroport Marcel Dassault, à Châteauroux-Déols (Indre), qui a vu son tarmac se remplir au fur et à mesure de la crise sanitaire. Depuis quelques mois, ses pistes stockent des avions venus du monde entier.

Cette activité de stationnement a doucement démarré avant la crise sanitaire. « Nous avions déjà six places de parking depuis deux ans », précise Didier Lefresne le directeur de l’aéroport de Châteauroux. Elles étaient occupées par Airbus. Puis, au mois d’octobre 2019, le constructeur demande 20 places supplémentaires pour stocker sa trentaine d’avions neufs en attente de livraison. « Nous travaillons avec Airbus depuis longtemps », rappelle le directeur. Et l’avionneur sait qu’avec ses 25 hectares de parking, l’aéroport dispose d’un grand potentiel. Jusqu’à 70 avions peuvent stationner. Châteauroux était, dans les années 50, était une base logistique de l’Otan en Europe.

Un deal en or avec British

Revenons à la crise du Covid19. Fin mars 2020, alors que toutes les compagnies aériennes cherchent des solutions pour poser leur flotte, l’aéroport de Châteauroux croule sous les demandes de Swiss Air, Air France, Qatar Airways, etc. Les tarifs catalogues indiqués par l’aéroport – de 3000 et 5000 euros par mois – sont très attractifs. « Ils varient en fonction du poids de l’appareil », explique Didier Lefresne.

La structure aéroportuaire entretient alors une relation privilégiée avec British Airways, pour qui elle a effectué les formations pilotes sur leur premier A 380. « Au départ nous ne voulions pas stocker d’A380. On réfléchissait à un compromis avec sept avions de chez British et sept de chez Swiss » se souvient le dirigeant. La compagnie britannique revient avec une proposition dure à refuser : stocker les 11 A 380 de la flotte de British Airways. En concurrence avec la plateforme de Prestwick (Ecosse), l’aéroport de Châteauroux accepte une remise sur les avions de liaison hebdomadaire (qui transportent les mécaniciens de British pour faire la maintenant des avions) et remporte le contrat. L’aéroport est donc obligé de fermer un taxiway (le nord).

Une année bénéficiaire pour l’aéroport de Châteauroux ?

Les autres avions accueillis à Châteauroux le sont par l’intermédiaire de deux entreprises de maintenance aéronautique (MRO), Dale Aviation et Vallair Industry. Elles sont toutes les deux installées dans la zone d’activités attenante, et proposent à leurs clients le parking mais aussi l’entretien.

La semaine dernière, l’aéroport accueillait 44 avions. La précédente, plus de 50, de toute taille et de toute nationalité. Garuda, Volotea, Hong Kong Airlines, Azul, Air Madagascar, Air Caraïbes,Loong Air, la liste est longue…

De quoi finir cette année si particulière dans le positif ? La question est complexe car l’aéroport a normalement une activité fret qui a été quasi nulle en 2020. « Nous avons réceptionné 145 millions de masques et du matériel via 37 vols pendant la crise sanitaire mais le fret a largement diminué », constate le directeur. Le parking permettrait donc simplement de « contrebalancer les pertes. C’est en bonne voie même s’il reste encore quatre mois. On vit désormais au jour le jour ». Pour Didier Lefresne, cette année correspond à une période transitoire, « l’occasion de rebattre les cartes pour chaque entreprise. Pour nous, cela nous a montré que l’on a sans doute besoin d’agrandir notre parking grâce à nos 40 hectares de foncier. »

Une activité passager encore très faible

Hormis le fret, cet aéroport qui appartient au conseil général Centre-Val de Loire est présent dans quatre autres secteurs d’activité : l’entraînement de pilotes, l’industrie (dont le parking fait partie), l’extra aéronautique comme la location d’immobilier ou de pistes pour des tests automobiles, et enfin le passager.

« L’activité passager est très faible. Cela représente 5 000 passagers par an, entre mai et septembre. Ce sont des vols saisonniers vers la Corse, Nice ou Londres. Une quinzaine de vols charter viennent compléter l’offre. »

L’année prochaine, l’Etablissement Public et Commercial, qui emploie 66 personnes, terminera la construction d’un hangar de 8 540 m2, pouvant même accueillir des A 380. L’immense projet nécessite le déplacement de la tour de contrôle. Une nouvelle, de 42 mètres, sera construite.

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