Marseille : le touriste estival a moins consommé
Le premier bilan de l’été de Marseille montre une fréquentation relativement stable mais des dépenses plus contenues sur la restauration.
A Marseille, la haute-saison de juillet et août s’achève sur une note plutôt positive, avec quelques nuances. Les chiffres de fréquentation du mois de juillet marquent un recul de 5% par rapport à 2024, année historique en raison de l’organisation des épreuves des Jeux Olympiques en mer et au Vélodrome. La fréquentation est en revanche en progression de 10% comparé à 2023, une année plus significative.
De même, la clientèle étrangère a chuté de 16% cette année par rapport à n-1, mais augmenté de 15% par rapport à n-2. « Cette année, la première quinzaine de juillet a été satisfaisante, indique Jean-Pierre Cochet, président de l’Office de Tourisme, des Loisirs et des Congrès. En revanche, la deuxième quinzaine a subi un trou d’air, sans doute impactée par l’incendie du 8 juillet et la canicule. Les conditions climatiques ont généré un repli vers des régions plus tempérées. »
Moins de repas au restaurant
Quant au week-end de 3 jours autour du 15 août, il a enregistré une baisse de 3% du nombre de nuitées (marchandes et non marchandes) par rapport à la même période de 2024, selon les données d’Orange Flux Vision. A noter : le pont durait 2 nuitées contre 3 l’année dernière. La clientèle française est en légère augmentation de 1%, tandis que les visiteurs étrangers sont en recul de 10%. Dans l’hôtellerie, sur ce même week-end, le taux d’occupation moyen est passé de 94,3% en 2024 à 95,8%, avec un prix moyen de 133 euros.
En attendant un bilan plus détaillé en octobre, les dernières semaines d’août font figure de « bon cru ». « La fréquentation se maintient mais le mode de consommation des vacanciers a changé, note Jean-Pierre Cochet. Compte tenu des arbitrages budgétaires, ils vont moins dans les restaurants et privilégient des solutions plus économiques, comme les fast-food ou les pique-nique. » Plutôt que d’instaurer un numerus clausus sur les nouveaux restaurants, comme le propose l’Umih, il préconise aux restaurateurs d’appliquer des prix maîtrisés, et de faire des offres adaptées. « La salade Caesar à 23 euros, c’est trop cher ! », dénonce Pierre Cochet.
La cuisine pour découvrir la ville
Vérane Frediani, auteure du nouveau guide gratuit « Marseille Gourmande », réalisé pour l’Office du tourisme, explique la désaffection des restaurants par le fait notamment que la communication se concentre seulement sur quelques adresses, via les réseaux sociaux. « Tenir un restaurant est difficile, justifie-t-elle. Les coûts ont augmenté, les équipes sont volatiles et les chefs n’ont pas le temps de communiquer. » D’où l’objectif du guide, riche de 160 adresses de restaurants, et 200 commerces de bouche, situés dans tous les quartiers de la ville, pour tous les budgets.

« Marseille est un carrefour culinaire de la créativité, dit-elle. La cuisine est une porte d’entrée pour la visiter. » Le guide est tiré à 5000 exemplaires en français et 3000 en anglais pour une clientèle étrangère qui bénéficie souvent d’un budget restauration confortable. Par ailleurs, l’Office organise une série d’événements culinaires cet automne pour promouvoir la cuisine locale : le festival Kouss-Kouss jusqu’au 7 septembre, le festival des Etoiles et des Femmes le 3 octobre ou encore Mars à Table du 4 au 18 octobre.
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