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L’indésirable Canua Island quitte la Côte d’Azur pour Malte

Après plusieurs années de polémique, l’île flottante artificielle Canua Island quitte la Méditerranée et part s’installer à Malte.

Après trois ans de feuilleton, la « plage flottante » artificielle Canua Island, qui s’était installée – tant bien que mal – dans le golfe méditerranéen, met les voiles. Cette île privée proposait bar, restaurant, piscine et même une suite. Elle avait fait amplement polémique lors de son installation au large de la Côte d’Azur.

Après plusieurs années d’un combat autant citoyen que politique, ses co-fondateurs, l’ancien champion de planche à voile Tony Philp et le skipper Marc Audineau, ont préféré revendre le bateau. Un groupe qui préfère pour l’instant garder l’anonymat en est désormais le propriétaire. Canua Island s’installera, sous son égide, à Malte.

Les cofondateurs dénoncent une pression, voire un « rejet » des politiques de la Côte d’Azur : « tout a été fait pour nous faire échouer », confie Tony Philp, cité par France 3 Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Feuilleton azuréen

Il faut dire que l’installation de Canua Island dans la baie de Mandelieu-la-Napoule ne s’était pas faite sans rebondissements. Initialement dévoilé en 2022, après cinq ans de préparation, le projet n’avait pu être mis en exploitation que de mai à juillet 2024.

Dès sa présentation, habitants et associations environnementales avaient dénoncé un risque pour la biodiversité, les herbiers de posidonies, et fustigé les nuisances sonores que l’île pourrait causer. Rapidement, les élus politiques locaux s’étaient mêlés à la confrontation : les villes de Cannes et Théoule-sur-Mer avaient émis un avis défavorable à son installation.

A tel point qu’en juin 2023, Marc Audineau avait directement contacté Emmanuel Macron, le sommant de « laisser travailler les entrepreneurs », et dénonçant un blocage « purement politique » du secrétaire d’Etat à la Mer, Hervé Berville. Il ne restait en effet que son autorisation pour permettre à Canua Island de se lancer. Malgré ces demandes, aucun permis de navigation n’avait alors été accordé au projet. Les 100 employés avaient dû être licenciés, faute d’ouverture.

C’est en décembre 2023, alors que l’affaire monte jusqu’au Conseil d’Etat, que les promoteurs obtiennent enfin gain de cause. L’instance ordonne la délivrance du permis.

Une « nouvelle ère » pour Canua Island ?

Le 16 mai 2024, Canua Island peut alors ouvrir ses portes. Mais le lendemain, 21 maires du littoral varois et maralpins publient une tribune dénonçant les risques pour la biodiversité, les nuisances sonores et les « distorsions économiques inacceptables vis-à-vis des établissements de tourisme ouverts toute l’année », soumis à des régimes de taxation différents.

Une pétition citoyenne est également créée, et réunit quasiment 20 000 signataires, dénonçant un « tourisme de masse, fêtard, argentée ». Le projet finit par perdre l’adhésion des rares élus locaux qui le soutenaient, des habitants, et de ses appuis.

Sur ses réseaux sociaux, Tony Philp promet une  « nouvelle ère », placée sous le signe du « luxe et de l’aventure »… Mais loin des rivages azuréens.

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