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Les destinations françaises sont-elles sous pression environnementale ?

C’est la question qu’ont abordée les participants à l’une des tables-rondes organisées dans le cadre de la journée Envies de France, lors de l’IFTM-Top Resa.

Car la France, première destination mondiale en 2019 avec 90 millions de visiteurs étrangers, est déjà confrontée, dans certains territoires, à des phénomènes liés à la fréquentation touristique. Et elle le sera sans doute encore plus dans le futur, quand la pandémie n’empêchera plus le tourisme mondial de reprendre sa marche en avant. « C’est ce qui fait que le développement durable n’est plus une option : c’est le socle de la stratégie touristique en France. Nous sommes désormais dans l’urgence », pose Christian Mantei, le président d’Atout France.

Pour l’organe de promotion de la destination France à l’international, c’est la place de la France comme première destination touristique mondiale qui est questionnée. Pour rester leader, dans les chiffres comme dans le rayonnement international, la France « ne peut plus faire de greenwashing, du superficiel. Il faut passer aux actes. Et ça ne concerne pas que l’industrie du tourisme, mais tous les secteurs de l’économie. Nous entrons dans une dynamique générale, concrète, qui est une forme de croissance. On ne va pas s’arrêter de vivre ! Mais nous devrons vivre différemment », estime Christian Mantei.

« Des choses qui se mettront en place sur une vingtaine d’années »

Le tourisme, donc, doit prendre sa part et entamer sa transformation. Un défi difficile à relever, alors que le marché entame seulement son redressement, et que la crise a fragilisé l’écosystème touristique dans son ensemble. Mais l’avenir se décide maintenant. En Corse, où la fréquentation touristique peut poser problème en très haute saison, « on observe beaucoup ce qui se fait ailleurs », explique Pascal Acquaviva, chargé de communication et marketing pour l’Agence du tourisme de Corse (ATC). « L’Islande, par exemple, a mis en place une sorte de charte de bonne conduite du visiteur. Une île grecque a également noué un partenariat avec Volkswagen pour décarboner l’île d’ici 10 ans, en passant de 1 500 véhicules thermiques à 1 000 véhicules électriques, en développant les mobilités douces, le covoiturage… C’est une sorte de laboratoire qu’on va observer. »

Avec l’objectif de passer le parc automobile corse au tout-électrique ? « C’est une problématique réelle en Corse, où la voiture est reine. Nous devons préparer l’avenir. A l’heure actuelle, l’île n’est même pas assez équipée au niveau électrique pour accueillir 1 000 véhicules du jour au lendemain. Nous devons donc travailler la notion des transports, en y intégrant une logique d’équipements. Ce sont des choses qui se mettront en place sur une vingtaine d’années. Mais pourquoi pas imaginer, d’ici peu, des régions décarbonées, comme la Balagne par exemple ? ».

Un collectif de la montagne durable

La décarbonation, enjeu emblématique de cette course vers un modèle économique plus durable, questionne également l’Agence Savoie Mont Blanc. « C’est un sujet presque schizophrénique, car nous parlons de tourisme durable alors que nous comptons les deux plus grands domaines skiables du monde », sourit Michaël Ruysschaert, le directeur général de l’agence. « Il faudra un temps d’acculturation à tous ces sujets pour l’écosystème de la montagne ». Des thématiques autour desquelles l’agence, qui représente notamment 112 stations de montagne, veut réunir les professionnels du secteur autour de la même table.

Michaël Ruysschaert, directeur général de l’Agence Savoie Mont Blanc.

« En janvier 2022, nous lancerons le collectif de la montagne durable, qui réunira tous les acteurs de la montagne. Il nous permettra d’aligner notre stratégie et d’engager, très vite, des actions concrètes. Il y a des choses inspirantes dans les Dolomites (Italie) par exemple, ou dans les îles grecques. Nous voulons engager ces stations, ces grands lacs et ces réserves naturelles dans un modèle de fonctionnement plus vertueux, et notamment plus décarboné », détaille Michaël Ruysschaert. « C’est l’un des aspects positifs qui ressort de la crise que nous vivons : elle nous a montré que l’union fait la force ».

Surfer sur les tendances pour se transformer

Et qui a fait ressortir de nombreuses tendances de fond, déjà présentes avant la pandémie, mais accélérées par la force des choses. « La pandémie a fait de nos trois territoires touristiques de vraies destinations », se réjouit Sophie Ollier-Daumas, directrice générale de Bourgogne Franche-Comté Tourisme. Les trois marques coiffées par l’agence (Montagnes du Jura, Massif des Vosges et Bourgogne), habituées à accueillir de nombreux touristes venus rendre visite à leurs familles, a su surfer sur les tendances qui animeront le marché dans les années à venir et sans doute plus. « Notre offre était déjà prête, car nous avons entamé cette réflexion stratégique il y a plusieurs années ».

Sophie Ollier Daumas, directrice générale de Bourgogne Franche Comté Tourisme.

Une offre qui propose notamment de se ressourcer, de déconnecter et découvrir les lieux visités, façon slow tourisme. « Le contexte nous permet d’affirmer des choses sur lesquelles nous travaillons depuis plusieurs années. Et nos professionnels sont au rendez-vous, ce qui est très important », estime Sophie Ollier-Daumas. « La pandémie leur a montré que nous sommes au rendez-vous. Et les clients sont très vite revenus, encore plus en 2021, avec des taux d’occupation très satisfaisants ». Que ce soit au niveau de la clientèle locale, avec le slogan « Sortez chez vous », ou au niveau national, avec des Français « qui ont passé leurs vacances dans nos régions, et qui veulent revenir ».

Un changement de paradigme qui n’empêche pas ces différentes institutions de s’impatienter de retrouver la clientèle internationale, si précieuse dans l’activité économique de la plupart des régions touristiques de France. « Pendant la pandémie, nous devions envoyer un message collectif, fort. C’est ce qui a été fait », conclut Christian Mantei. L’urgence de la transformation du tourisme en France exige au moins la même mobilisation de l’industrie. 

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