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Les compagnies du Golfe prêtes à défaire l’hégémonie occidentale

Le Contexte : Emirates est déjà le premier transporteur international.La stratégie : Les trois compagnies capitalisent sur leur avantage géographique.L’enjeu : Dubaï, Abu Dhabi et Doha veulent devenir des hubs géants.

Cela fait 25 ans que les compagnies du golfe sont un véritable poil à gratter dans le dos des transporteurs nord-américains et européens. Emirates a commencé, puis Qatar Airways, suivies d’Etihad. Aujourd’hui, ces trois transporteurs basés respectivement à Dubaï, Doha et Abu Dhabi, challengent la prédominance européenne et nord-américaine dans le ciel mondial. Emirates avec une capacité de 185 millions de passagers internationaux au km parcouru (PKP) est déjà devenu le premier transporteur long courrier de l’industrie, malgré toutes les crises. Vaille que vaille, les trois stars du golfe poursuivent une croissance à rendre vertes de jalousie leurs concurrentes du nord. Emirates a vu augmenter en 2010/2011 son bénéfice net de plus de 50 % à 1,5 milliard de dollars ; transportant sur cette période 31,4 millions de passagers contre 27,05 millions en 2009/2010 (+ 14,5 %). Et si son PDG Tim Clark estime que l’exercice actuel sera en recul, il précise qu’il devrait « rester néanmoins conséquent ». De son côté, Qatar Airways a terminé 2010/2011 sur un bénéfice opérationnel net de 250 M$ contre 205 l’année précédente la compagnie basée à Doha ayant transporté 16 millions de passagers. Etihad, qui a décollé en 2004, vise l’équilibre pour la fin de cette année et prévoit d’être rentable en 2012. Des objectifs confirmés fin avril dernier avec la parution, pour la première fois de son histoire, d’un résultat financier. Ses dirigeants ont ainsi annoncé son meilleur trimestre jamais réalisé avec un chiffre d’affaires de 770 M$ contre 635 millions à la même période en 2010. Avec de telles assises, ces compagnies se permettent de se développer tous azimuts, quand leurs concurrentes européennes rationalisent à tout crin. Après avoir ouvert Dublin, Genève et bientôt Copenhague cette année, Emirates se verrait bien à la tête d’une troisième escale française à Lyon, Marseille ou Toulouse. De plus, elle s’intéresse désormais à l’Afrique noire. « Nous voulons nous positionner sur les destinations pour lesquelles Emirates n’est pas le choix le plus évident comme l’Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie) ou l’Afrique du Sud », soulignait récemment Éric Auroc le nouveau directeur général France ; son prédécesseur Jean-Luc Grillet est devenu d’ailleurs vice président Afrique. De quoi capter là encore une partie du trafic européen se rendant dans le Golfe, mais surtout au Moyen-Orient, en Afrique, dans le sous-continent indien ou en Extrême-Orient.

UNE DES CLÉS DE RÉUSSITE, C’EST LA GESTION DES PLATES-FORMES

La stratégie de développement de trois compagnies du Golfe a en effet été définie par rapport à leur bonne position géographique, à mi-chemin entre les puissances économiques vieillissantes et celles grandissantes ou encore émergentes. Ainsi, 80 % de leur activité est représentée par le trafic en correspondance. Pour pouvoir drainer un tel trafic de transit, ces transporteurs doivent pouvoir compter sur d’excellentes infrastructures aéroportuaires. Heureusement, les autorités qui gèrent ces plates-formes sont aussi celles qui conduisent les destinées de ces compagnies. En construisant d’immenses aéroports à un bout d’aile les uns des autres, Dubaï, Doha ou Abu Dhabi, défendent aussi de gros intérêts économiques nationaux. La plate-forme de Dubaï, qui devrait être la plus grande au monde d’ici 2015 avec une capacité d’accueil de 100 millions de passagers en 2020 est une véritable démonstration de force ! « Nous allons maintenant travailler en cartel, ce qui rendra vraiment les choses difficiles aux autres compagnies », aurait même déclaré le PDG de Qatar, Akbar Al-Baker, en désignant des représentants d’Emirates, rapporte un quotidien économique indien. Les trois Arabes tentent déjà de bouter leurs concurrentes de certaines routes. Longtemps en avance dans le sous-continent indien, Lufthansa est en train de redistribuer ses forces sur la Chine. Un choix que la compagnie allemande n’a pas réellement fait de gaîté de coeur mais auquel elle a été par l’avancée conjointe d’Emirates, Etihad et Qatar. En offrant plus de vols au départ et vers l’Inde, des prix plus bas et de meilleurs appareils, elles ont marginalisé l’Allemande sur un de ses marchés clé en dehors de l’Europe.

Aujourd’hui, le trio émirati se sent prêt à chatouiller les majors sur leur propre terrain de jeu, l’axe transatlantique. Pour un Mumbai-New York, il faut compter en moyenne 1 008 E sur Emirates et 1 057 E sur Lufthansa. Outre l’avantage tarifaire d’environ 5 %, certains clients sont sensibles au fait de n’avoir plus à effectuer un détour par l’Europe et son ciel encombré. « La compétition est devenue plus serrée en matière de prix. De plus, les transporteurs du Golfe offrent un nombre de fréquence élevé sur des destinations où nous avons un seul vol », concède un cadre de Lufthansa. L’Inde n’est qu’un exemple de la bataille qui s’est engagée entre les trois grandes compagnies du Golfe et leurs contreparties européennes ou américaines. Des manoeuvres similaires sont engagées en Chine et également sur le continent africain où Air France historiquement, mais également désormais Lufthansa et Brussels Airlines ont de grandes ambitions. De cette bataille sortiront les prochains leaders de l’industrie.

Les trois stars du Golfe poursuivent une croissance à rendre vertes de jalousie leurs concurrentes du nord.

La bataille est engagée entre les trois grandes compagnies du Golfe et leurs contreparties européennes ou américaines.

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