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Le secteur du tourisme admet la surchauffe, et développe des solutions

Venise rembarre les paquebots, et Dubrovnik impose des quotas : l’hostilité croissante à l’égard du « surtourisme » inquiète les pros du tourisme, qui cherchent des solutions d’urgence.

« En 2030, il y aura 1,8 milliard de touristes dans le monde. Une chose est sûre : cette croissance infinie est impossible dans un espace qui est, lui, limité. Et il y a déjà de plus en plus de conflits visibles », constate Roland Conrady, directeur scientifique de l’ITB, la grand-messe annuelle des professionnels du tourisme.

De 1995 à 2016, le nombre de voyageurs internationaux est passé de 525 millions à plus de 1,2 milliard grâce notamment aux low cost et aux vacanciers des marchés émergents comme la Chine, l’Inde et les pays du Golfe. L’année 2017 a, elle, été marquée par une hausse record de 7% du nombre de touristes dans le monde et par des mouvements de rejet inédits du tourisme de masse (lire notre dossier complet « Tourismophobie, un mal qui se soigne », L’Echo touristique du mois d’octobre 2017).

Mieux répartir les flux

Le secteur entrevoit plusieurs pistes pour s’assurer que le tourisme ne s’autodétruira pas. Par exemple, Venise – 265 000 habitants pour 24 millions de visiteurs par an – limite l’accès de sa lagune aux immenses paquebots de croisière. La ville édite aussi un audacieux guide mensuel appelé « Détourisme », qui met en valeur les sites secondaires, loin de la place Saint-Marc.

En Thaïlande, les coraux de la célèbre Maya Bay, décor paradisiaque du film « La Plage », n’ont pas survécu aux baigneurs et le site est menacé de fermeture partielle. Au Bhoutan, le gouvernement impose des quotas, quand le maire de Dubrovnik ne laisse pénétrer dans l’enceinte de sa Vieille ville que 8 000 visiteurs par jour.

Autre solution, jouer sur les prix pour dissuader. La Tour Eiffel a ainsi financé ses travaux de rénovation en augmentant de moitié son billet d’entrée. La technologie permet aussi de réguler les flux, notamment à Amsterdam où un site internet informe en temps réel les visiteurs du temps de queue qui les attend.

Enfin, de grands espoirs reposent sur les épaules des 18-35 ans. Plus aventureuse que celle des baby-boomers, cette génération « se dispersera d’avantage, par peur d’être déçue en pensant visiter un site unique, puis en réalisant que beaucoup trop d’autres personnes ont eu la même idée », assure une analyste de chez McKinsey.

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